StashWear : Le coffre-fort portable
6 septembre 2026 // Mode & Design // 271 vues // Nc : 200

À Antananarivo, sortir stylé tout en gardant ses affaires en sécurité relève parfois du casse-tête. Les pickpockets et le quotidien urbain de la capitale imposent leurs règles — et le streetwear classique n'avait pas vraiment de réponse à ça. StashWear a décidé d'en avoir une, avec des poches secrètes là où personne ne les cherche.

Tout commence par une fouille policière. Njaratsiry Andriatsarason portait ce jour-là un vieux sweat troué dans lequel il glissait discrètement ses effets personnels. Contrôle inopiné, fouille bredouille, mission accomplie. Le déclic était né. « Pourquoi ne pas concevoir un streetwear taillé pour la vraie vie, capable de protéger ce que nous avons de plus cher ? » raconte-t-il avec le sourire en coin de quelqu'un qui a trouvé son concept avant même de le chercher vraiment.

Fondée en 2022 et rapidement brevetée auprès de l'OMAPI, la marque s'inspire du principe du double fond — celui des magiciens et des pickpockets repentis. Un simple T-shirt se retrouve doté de deux à trois poches invisibles. Sur un jogging complet, ce sont sept poches secrètes intégrées le long des coutures et des manches — parfait pour égarer ses propres clés pendant trois jours.

Le tout est taillé dans un coton 100% — doux, respirant, résistant au rythme effréné de la jeunesse tananarivienne. Vestes, T-shirts, sweats, joggings — chaque coupe est travaillée dans les moindres détails par Njaratsiry lui-même. Le design est le sien, mais la communauté participe. « Ce sont aussi nos clients qui nous proposent où placer les poches », confie-t-il, pas peu fier de ses co-conspirateurs du style. Les T-shirts sont accessibles à partir de 60 000 ariary — un positionnement qui assume l'exclusivité abordable, quelque part entre le streetwear premium et la marque de quartier qui a grandi. Et ça, dans un paysage où beaucoup se contentent de coller un logo géant sur un basique, ça fait une différence.

Il suffit d'ouvrir l'œil dans les clips vidéo d'artistes locaux pour apercevoir la griffe StashWear — présente aussi sur scène lors de concerts, portée par des performers qui apprécient d'avoir leurs affaires à portée de main sans casser leur silhouette. La marque est devenue une référence dans la scène créative malgache, et elle ne compte pas s'arrêter là. Un grand défilé de mode urbain réunissant d'autres marques de streetwear locales est prévu prochainement. Et le lancement des Stash Bags approche — transposer la philosophie des poches secrètes à la maroquinerie. « Je laisse les gens découvrir les poches par eux-mêmes », glisse Njaratsiry. Ce qui, dans le cas présent, est peut-être la meilleure définition possible du bon design.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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