Rany et Andrianina
28 mai 2025 // Quiz & Actuel // 8622 vues // Nc : 184

Rany : Les valeurs comme moteur

La veille d’un grand événement, Rany et son équipe ne se couchent qu’à une heure du matin, comme la fois où ils devaient relancer toutes les invitations pour l’atelier de lancement d’une formation sur le VIH. Comment ce jeune gestionnaire de projets communautaires a-t-il tenu cinq ans dans un domaine qui exige autant d’engagements que de résilience mentale ? Il travaille d’abord pour ses valeurs et non pour l’argent. « Il y a toujours des difficultés dans chaque travail, mais quand l’argent est la seule chose qui pèse dans la balance, il est facile d’abandonner.

En revanche, quand on a des valeurs, qu’on sert et incarne quelque chose de plus grand que soi, on se donne à fond tout le temps, et on sera extrêmement résilient ». Les jours plus calmes, les valeurs continuent de nourrir sa ténacité : il lui est arrivé de devoir réenregistrer tout un podcast à cause d’une fausse manipulation du magnétophone. Là, c’est sa casquette d’activiste des droits humains qui a pris le relais : « le fait est qu’il ne s’agit pas seulement de créer des podcasts pour de l’argent, mais pour changer les choses, pour impacter la communauté, et ça nous a remotivé très vite à le refaire ». S’il est autant porté par ses convictions, c’est grâce aux personnes engagées qui l’ont toujours entouré. En effet, ses grands-parents, professeurs de malagasy passionnés, l’ont fortement marqué. Son grand-père, encadreur d’un club Vintsy, l’emmenait déjà au lycée alors qu’il n’avait que six ans, ses professeurs étaient tout aussi enthousiastes. Par la suite, Rany a occupé des postes à forte implication sociale en tant que bénévole, volontaire, ou consultant, privilégiant toujours ses convictions. « J’ai déjà travaillé dans un call center où j’étais très bien payé, mais je me sentais vide. Mais ce que j’ai remarqué chez ceux qui travaillent pour leurs valeurs, c’est qu’ils veillent plus tard, se lèvent plus tôt, s’investissent pleinement, parfois jusqu’à brouiller la frontière entre vie personnelle, professionnelle et communautaire. Leur travail devient une priorité, car il reflète profondément ce qu’ils sont, et ceux qui partagent leurs valeurs deviennent souvent leurs amis ». Pour la suite, il cherche à se spécialiser dans les relations publiques.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Rany Mazany

Andrianina : Plus trop passionnée

Quand elle a commencé, c’était un job étudiant. Quatre ans plus tard, Andrianina (nom d’emprunt) y est toujours, mais la passion est partie. Pour cela, elle ne fait plus que ce qui lui est attribué de faire. « Ce travail est un cadeau, mais c’est aussi un piège parce que c’est quelque chose que je n’apprécie pas tant, mais qui me permet de rester à l’aise financièrement, tout en me laissant du temps libre. » Elle n’y va pas tous les jours. Parfois, quand le stress du job lui vient, elle utilise ces moments libres pour elle. « Pour oublier, je m’occupe et je fais ce que je veux, comme du sport, je regarde des séries, j’apprends de nouvelles choses. »

Et si elle a autant d’appréhensions, c’est parce que ce n’est pas encore son occupation de rêve. Entre les tâches qui ne se conforment pas aux études qu’elle a faites et beaucoup de stress à chaque rencontre avec ses supérieurs, elle prend le temps de penser aux alternatives. « Je suis à la recherche d’un travail qui correspondrait à ce que j’ai appris. Le souci, c’est que je ne m’y donne pas à cent pour cent, je me trouve toujours des excuses. » En quatre ans, Andrianina a réussi à accumuler des expériences. « J’aime le travail en soi, c’est juste que j’ai l’impression d’avoir appris tout ce qu’il fallait apprendre en ces quelques années. Il n’y a plus rien de nouveau, rien de passionnant. Mes journées au boulot sont les mêmes, plus de surprise. » La jeune femme espère bientôt se retrouver dans sa vraie passion. Vivre d’un métier qui ramènera sa flamme : c’est son prochain objectif.

Rova Andriantsileferintsoa

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Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

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