Patricia Rasolomalala : De la rue aux projecteurs
20 juin 2026 // Success Story // 915 vues // Nc : 197

À Antaninarenina, elle tendait la main entre deux points de broderie. Aujourd'hui, elle pose sous les projecteurs de l'agence Totem. Patricia Rasolomalala, 23 ans, ancienne mendiante devenue mannequin, raconte sans honte ni détour le chemin parcouru.

Elle mesure 1m75. Teint mat profond, silhouette longiligne, et ce sourire — cette dentition parfaite, éclatante, qui n'a jamais connu de soins de luxe. Quand on la voit aujourd'hui, on pense aux grandes agences de Paris ou Milan qui cherchent précisément ce que la nature distribue parfois sans prévenir. Mais avant les projecteurs, il y a eu le bitume. Orpheline de père, expulsée par sa mère à cause d'une relation amoureuse, Patricia connaît le poids de la rue depuis ses six ans. « Beaucoup de gens me jugent, mais il ne faut pas. La roue tourne, et ma vie ne sera pas toujours ainsi », dit-elle avec ce calme tranquille de ceux qui ont déjà traversé le pire. Mère de trois enfants à 23 ans, elle survivait devant un restaurant à Antaninarenina, entre mendicité et broderie — deux gestes répétés jusqu'à l'usure, pour nourrir ses enfants le soir.

C'est Fabrice, un professionnel du milieu, qui change tout. En voyant cette jeune femme au bandeau sur la tête, il ne voit pas la misère. Il voit un top-modèle. Il la présente immédiatement à Faly Randrianjatovo, fondateur de Totem Agency. « Au début, je ne savais même pas ce que signifiait le mannequinat », confie Patricia. « Mais dès qu'ils m'ont expliqué, j'ai su que ce métier était fait pour moi », confie-t-elle. L'apprentissage commence — semaines de cours de posture, de marche, d'expression face à l'objectif. La démarche vient naturellement. Poser devant un appareil photo demande plus d'efforts, mais elle s'accroche. Le premier contrat tombe : cinq tenues, une séance photo, maquillage, transformation. « On m'a maquillée, transformée… Je suis devenue une véritable princesse », se souvient-elle.

Après le shooting, ses pas la ramènent vers Antaninarenina. Mais quelque chose a changé — irréversiblement. Le premier salaire tombe : 300 000 ariary. « C'est la plus grosse somme que mes mains aient jamais tenue. Un véritable miracle », avoue-t-elle. Avec cet argent, le foyer se transforme. Là où il n'y avait qu'un lit, arrivent des assiettes, des marmites, un quotidien qui ressemble enfin à quelque chose. Ce n'est pas encore l'abondance — mais c'est la dignité. Patricia rêve désormais de porter les couleurs de Madagascar sur les podiums internationaux. Et ce n'est plus un rêve de rue.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact agence totem : 0340660642

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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