Mantidactylus rabibisoai : Mieux vaut (te)tard que jamais
12 juillet 2026 // Nature // 1476 vues // Nc : 198

Observée depuis plus de vingt ans dans les forêts humides de l'Est de Madagascar, une petite grenouille discrète vient enfin de recevoir son identité officielle. En mai 2026, celle que les scientifiques nommaient provisoirement M. sp. 64 est baptisée Mantidactylus rabibisoai. Pas une nouvelle espèce découverte du jour au lendemain — une espèce à part entière, enfin reconnue comme telle après deux décennies d'études et d'analyses.

L'histoire commence en 2004. L'herpétologue Miguel Vences, figure incontournable de l'étude des amphibiens malgaches, collecte plusieurs spécimens lors de missions dans les forêts de Vevembe et de Ranomafana. À première vue, l'animal ressemble à d'autres membres du genre Mantidactylus, l'un des groupes les plus diversifiés de Madagascar — une île qui abrite à elle seule plus de 350 espèces de grenouilles, dont la grande majorité sont endémiques. Mais certains détails intriguent. Le ventre affiche une coloration jaune à jaune crème particulièrement marquée, visible aussi dans la région inguinale. Chez les mâles, les motifs sombres habituellement présents chez les espèces proches sont absents ou très peu visibles. Des signatures biologiques discrètes, mais suffisamment distinctives pour pousser les chercheurs à creuser. Il faudra comparer des spécimens, analyser l'ADN, reconstituer les liens de parenté — le travail de fond, patient, qui précède toute reconnaissance officielle.

Le nom choisi n'est pas anodin. Rabibisoai rend hommage à Nirhy H. C. Rabibisoa, chercheuse malgache spécialisée dans les amphibiens, dont les travaux ont largement contribué à mieux comprendre les relations complexes au sein du sous-genre Ochthomantis, auquel appartient cette grenouille. Dans un domaine encore largement dominé par les institutions internationales, cette dénomination souligne la contribution croissante des scientifiques malgaches à la connaissance de leur propre patrimoine naturel. Un geste symbolique autant que scientifique.

Comme ses cousines du groupe Ochthomantis, Mantidactylus rabibisoai évolue le long des rivières et cours d'eau forestiers de l'Est — des écosystèmes humides parmi les plus sensibles aux perturbations environnementales. Sa présence témoigne d'une forêt encore préservée, d'habitats aquatiques en bon état. Fragile baromètre du vivant. Loin d'être une simple ligne supplémentaire dans un catalogue scientifique, cette reconnaissance rappelle une réalité fascinante : Madagascar continue de révéler ses secrets. Au cœur de ses forêts, certaines histoires de la nature prennent parfois des décennies avant d'être racontées.

Lucas Rahajaniaina

photos : publication du professeur Nirhy H. C. Rabibisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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