La Guilde : Financer autrement
2 juin 2026 // Assos // 2134 vues // Nc : 197

Pendant que les grandes puissances ferment les robinets de l'aide internationale, une ONG française choisit le moment pour s'implanter davantage. Elle a officialisé l’ouverture de son antenne à Antananarivo en mars dernier. Paradoxe ou stratégie, Tiffany Burban, coordinatrice de La Guilde à Madagascar, explique le pari.

© photo: La Guilde

Les chiffres donnent le vertige. En 2025, l'aide publique au développement mondiale a chuté de 23 % — la plus forte contraction jamais enregistrée selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, OCDE. La France, quant à elle, a amputé son budget APD (aide publique au développement) de 40 % en deux ans. Les États-Unis ont restructuré l'USAID. La Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) Madagascar a définitivement mis fin à ses activités dans la Grande-île l’année dernière. Partout, les ONG taillent dans leurs effectifs, ferment des bureaux, abandonnent des terrains. C'est dans ce contexte-là que La Guilde a ouvert son bureau à Antananarivo.

L'organisation — quarante ans d'expertise internationale, une cinquantaine de volontaires déployés d’Antsiranana à Toliara — ne découvre pas Madagascar. Elle y est présente depuis 2016. Mais l'installation physique dans la capitale, fin 2025, marque un tournant assumé. « Être plus proche du terrain, des volontaires et des associations », dit simplement Tiffany Burban. La phrase est courte, mais dit l'essentiel. Ce qui distingue La Guilde dans ce paysage en recomposition, c'est son modèle. Elle n'est pas un bailleur classique qui transfère de l'argent et attend un rapport. Elle forme, accompagne, outille. Son Portail Solidaire centralise les appels à projets — une bouée pour les petites structures malgaches souvent noyées dans les procédures administratives. Ses subventions, entre 3 000 et 12 500 euros, sont modestes par design : elles visent des projets capables de s'autofinancer après deux ou trois ans. « Nous ne finançons pas de simples frais de fonctionnement, mais des leviers de changement », insiste l'ONG. Un potager qui nourrit une cantine scolaire, une formation en boulangerie qui débouche sur des embauches et d’autres encore. « On reste dans le concret, mesurable, durable », surenchérit la coordinatrice.

Dans un monde où l'aide internationale devient une variable d'ajustement budgétaire, ce modèle ressemble moins à de la philanthropie qu'à une réponse systémique. Construire des associations locales capables de tenir sans perfusion extérieure — c'est exactement ce dont Madagascar a besoin. Tiffany Burban martèle que La Guilde ne sauve pas le monde, mais s’attèlle à former ceux qui, peut-être, le feront.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact la guilde : 038 11 720 17

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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