Go Go Dancer : Dans la lumière, après la nuit
14 juin 2025 // By Night // 2584 vues // Nc : 185

Enflammer le dancefloor de l’Hôtel de l’Avenue à Analakely, la nuit tombée : c’est leur travail. Ces quatre jeunes filles – toutes à la vingtaine – égayent ce club à partir de 21 heures les jours de semaine et 22 heures le week-end, pour ne rentrer qu’au petit matin. La nuit, elles tiennent la scène et la ligne.

Costume très léger, déhanchement bien millimétré ne laissant pas les yeux des clients indifférents. Dans le brouillard scénique, lumière stroboscopique légèrement tamisée, elles reproduisent des pas de danse qui ne relèvent nullement de l’improvisation. « Il n’y a pas de place pour ça dans notre métier. Tout est bien préparé en groupe, quel que soit le rythme proposé par le D.J. », dévoile Keiza. Et c’est vrai : de l’électro au kilalaky, de l’afro au dihy gasy et même de la danse de salon ou du tango argentin, les demoiselles sont éclectiques. « Notre présence sur cette piste a pour but d’inciter les clients à se mettre à l’aise, se lever et danser », explique Nehemia. Josia, Anja et Paulina – autres membres de la bande – acquiescent.

Pour ces oiseaux de nuit, gagner son steak grâce à la danse est comme joindre l’utile à l’agréable. « Il s’agit d’une passion pour nous toutes, depuis nos tendres enfances », laisse entendre Anja. Et ça paie relativement bien – surtout avec les pourboires – pour des jeunes adultes comme elles. « Des filles avaient entrepris ce travail avant nous, et d’autres viendront emboîter nos pas. Mon seul message est de respecter ce métier. Respectez-vous, pour la pérennité de ce travail », lance Keiza en grande sœur. Grâce à leur sérieux, Go Go Dancer est fréquemment appelée à danser dans des événements, à assurer le poste d’hôtesses. Leurs silhouettes, un des critères de recrutement pour être danseuse de nuit, y sont aussi pour quelque chose.

Danser la nuit, ça pourrait sembler facile. Paulina confie le contraire. « Souriantes et accueillantes envers les clients de la maison, nous faisons face parfois à des esprits bornés qui nous prennent pour des filles de joie et se permettent de nous harceler, jusqu’à faire des attouchements sexuels », regrette-t-elle. Les déhanchements gracieux et les mouvements ondoyants, parfois suggestifs, rendent certains fous. Heureusement, une convention a été établie avec l’Hôtel de l’Avenue : pas de photos, ni de contact physique. Sinon, les videurs jetteront les concernés dehors. « Nous sommes danseuses. Rien de plus. Malheureusement, même certains de nos proches ne comprennent pas ça », regrettent-elles. La seule chose qu’elles aspirent à faire est de danser sans se vendre, briller sans s’éteindre

Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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