Ginah Kawitry : La bomba be du salegy
6 septembre 2026 // Musique // 315 vues // Nc : 200

Sur la côte Est de Madagascar, il y a des noms qui font lever les gens de leur chaise avant même que la première mesure soit terminée. Ginah Kawitry, avec son kawitry endiablé, elle enflamme les dancefloors de Toamasina à Sainte-Marie et fait trémousser les amateurs de mozika mafana jusqu’au bout de la nuit.

Des hectolitres de sueurs versés sur des pistes bondées, des corps qui ondulent au rythme du machirochiro — voilà le tableau habituel quand Ginah Kawitry passe en soirée ou en boîte de nuit. Et pourtant, rien de tout ça n'était vraiment prévu. Originaire de l'île Sainte-Marie, cette artiste hors norme pose ses valises à Toamasina et embrasse son destin musical en 2020. « Ginah est mon vrai nom, mais j'y ai ajouté Kawitry car je suis passionnée par le salegy et la chaleur incandescente de la musique de la côte », confie-t-elle. Le nom de scène est aussi une déclaration d'intention. Pas de musique douce ici — juste du rythme qui frappe, qui fait vibrer, qui fait bouger.

Ce qui distingue Ginah dans le paysage de la musique tropicale, c'est sa façon de fusionner le salegy, le kawitry et le goma — trois rythmes traditionnels des régions côtières du nord — en une seule matière sonore explosive. « C'est la même façon de danser, il faut juste que le tempo suive, qu'il aille chercher le cœur… et le reste ! », lance-t-elle avec un éclat de rire.

Ce machirochiro — ce petit goût épicé, intense, irrésistible — est le piment secret de sa recette. Avec plus de trente titres au répertoire, dont onze franchement mafana, son « Somany Matanjaka » est devenu l'un de ces morceaux qui font perdre la tête à ceux qui se croyaient raisonnables sur un dancefloor.

Sauf que Ginah Kawitry ne se contente plus des côtes malgaches. Elle vient de rentrer d'une tournée européenne, où la diaspora malgache l'attendait de pied ferme — et de hanches bien échauffées. Ce que les Européens entendent dans sa musique, c'est quelque chose de familier dans la structure rythmique mais d'étrange dans la couleur sonore — comme si ces rythmes côtiers avaient été taillés pour attaquer la scène internationale sans crier gare. La chaleur tropicale de l'Océan Indien voyage bien, apparemment. Un album est en préparation, et la reine des dancefloors côtiers ne cache pas ses ambitions. Le rythme est lancé, la température monte — et Ginah a clairement décidé de durer. Mais les kinés vont la détester !

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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