En ville (Fianarantsoa) avec Doc Metaly
19 avril 2026 // Downtown // 2414 vues // Nc : 195

Dans le secteur du rock et metal malgache, Doc Metaly est une personnalité à ne plus présenter. Il est l'un des promoteurs les plus engagés et les plus farouches que cette musique n'ait jamais connus. De passage à Antananarivo, il accorde une interview éclair à nocomment magazine.

Ton quartier à Fianarantsoa ?
Sahalava reste mon socle. Un espace dense, presque incandescent, où le tumulte de la ville se mêle à une mémoire personnelle : celle de l'enfance, des liens vrais, des visages qui ne trichent pas.

Un resto coup de cœur ?
La Chaudière, à Ambalampaiso. Ici, on ne consomme pas, on vit une ambiance. L'accueil est fidèle au nom.

Plats préférés ?
Le holatra sy akoho au lait de coco (champignon et poulet au lait de coco). C'est plus qu'un plat, c'est une narration culinaire de l'identité malgache.

Boisson préférée ?
Le jus d'hibiscus. Épuré et intense. Cela entre en accord avec une certaine discipline de vie.

Une boutique pour faire du shopping ?
Bazar Auto. Parce que le style ne naît pas toujours dans le confort des vitrines. Il émerge aussi dans les espaces bruts, entre débrouillardise et mécanique. Et puis, il y a ce rituel : ma place, ma chaise, à l'extérieur — un point fixe pour observer le mouvement.

Un endroit pour finir la soirée ?
Maison Betsileo. Parce que j'aime le calme.

Un endroit pour passer le weekend ?
Le point de vue de Masina Maria et la vieille ville haute. Prendre de la hauteur pour mieux lire le monde. S'extraire du bruit, retrouver une vibration juste — surtout lorsqu'elle est partagée avec des esprits comme Tix, Tomi, Miraz, Bobka, Laza Roots… des présences alignées.

Endroit pour les vacances ?
Isalo. Là-bas, le temps se dilate, les souvenirs s'ancrent. L'époque de Noa y demeure vivante — chaque retour devient une forme de pèlerinage intérieur. (rire)

L'événement culturel qui t'a marqué ?
Le Fianar Reggae Festival et Rock Betsileo. Deux univers distincts, mais une même intensité : celle d'une expression libre, enracinée, indomptable.

Ton actualité ?
Une phase de construction, lucide et assumée. Repositionnement stratégique de Kultur Rock Metal, actuellement en stand-by stratégique. Mais je suis aussi en pleine écriture d'un roman, et en préparation de l'EP de mon groupe Mendorave. Mais tout ça, ça doit encore rester secret. (rire)

Propos recueillis par Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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