En ville avec Vivien Andriamazoro
14 août 2022 // Downtown // 5769 vues // Nc : 151

Tatoueur, Vivien Andriamazoro, plus connu sous le nom de Bemaso Linktattoo, aime la nature et les virées en moto. Il nous livre ses bons plans dans la ville.

Votre resto favori ?
Pas mal de gens connaît Ny Akama à Ambohimahitsy, près de la pharmacie ! J’aime bien leurs plats surtout le vary be menaka, pas du riz blanc… du riz rouge !

Votre plat préféré ?
Le cassoulet et toutes les recettes à base de haricots blancs.

Votre boisson fétiche ?
Une bière bien fraîche, avec modération, ou du jus de corossol.

Un bon plan apéro ou pour terminer la soirée ?
Mes amis savent comment je fonctionne. Je suis du genre à appeler à une heure un peu tardive pour aller vider quelques godets. Pas dans les karaokés, plutôt dans des endroits imprévisibles, un peu hors de la ville, comme à Ambanitsena ou à Vontovorona.

Vos hobbies ?
Sans hésiter, se balader à moto. Sinon faire de la mécanique avec mon fils Axel, m’occuper de mon jardin ou tout simplement se détendre en famille.

Un endroit pour shopper ?
Comme je suis toujours à moto, j’achète ce que je trouve intéressant sur la route !

Un endroit pour s’évader ?
Après des heures à réaliser des tatouages, j’ai l’habitude d’aller dans des endroits calmes, à la campagnes, dans des jardins, retrouver la nature… Je n’aime pas trop la vie en ville.

Une idée pour les vacances ?
Visiter Antsiranana (Diego Suarez), c’est un rêve que je voudrais concrétiser.

L’événement culturel qui vous a marqué ?
Un festival rock à l'AFT Andavamamba, il y a une bonne dizaine d’années. J’étais complètement « rock attitude » à l’époque !

Votre actualité ?
En ce moment, je suis un peu en veilleuse mais je prépare quelque chose autour du tatouage et de ma passion pour la customisation des motos !


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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