À toi, Madagascar
31 mars 2025 // 1766 vues 

Pardonne-nous,
Toi qui nous as offert le vert infini de tes forêts,
Nous avons trahi tes racines,
Pour quelques billets froissés,
Des arbres géants sont tombés,
Et le silence a remplacé le chant des vents.

Pardonne-nous,
Toi qui nous as confié tes créatures,
Nous les avons volées, éteintes, dispersées,
Le lémurien ne danse plus,
La tortue fuit un sol devenu piège,
Et l’ébène de tes nuits pleure l’absence de ses gardiens.

Pardonne-nous,
Toi qui caches l’or dans tes entrailles,
Nous avons creusé, saigné ta chair,
Les rivières noircies portent le deuil,
Et les collines s’effondrent sous le poids de nos pioches avides.

Pardonne-nous,
Toi dont les terres vivaient d’un équilibre fragile,
Nous avons comblé, détourné, étranglé tes veines,
Les pluies, furieuses, viennent réclamer leur dû,
Et dans les rues noyées, les souvenirs s’effacent.

Madagascar,
Nous sommes tes enfants égarés,
Nous te devons plus que des mots,
Mais en attendant d’agir,
Laisse-nous poser ces excuses sur ton sol meurtri,
Comme une promesse d’un jour nouveau.

Poème de H. R.

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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