Chez Amad Aly de Chez Aly, Mahajanga
16 novembre 2025 // Gastronomie // 2106 vues // Nc : 190

Ouvert en plein coeur de Mahajanga, à deux pas des grands axes, Chez Aly est devenu en peu de temps une halte incontournable pour les amoureux de cuisine malgache généreuse et authentique. Depuis 2024, le restaurant attire aussi bien les familles que les curieux de passage, venus goûter à cette table du Nord qui mêle tradition et convivialité. Le cadre, chaleureux et sans prétention, respire la simplicité et la bonne humeur : tables en bois, effluves de coco et de viande mijotée, musique douce en fond… Ici, on vient pour se sentir bien, et surtout pour bien manger.

Au fourneau, il y a Amad Aly, un homme originaire d’Ambilobe, grand amateur de la cuisine du Nord de Madagascar. C’est lui qui veille à tout. Fondateur, gérant, cuisinier : il incarne à lui seul l’esprit du lieu. « Je suis tombé dans la cuisine comme Obélix dans la potion magique », confie-t-il en riant. Fils d’une famille où l’on aimait autant cuisiner que partager, il ouvre d’abord une table à Ambilobe. « La ville natale n’était pas réceptive à mes propositions, je suis parti à Mahajanga, où le succès a été immédiat. J’ai aussi ouvert un autre Chez Aly à Nosy Be, et la magie fonctionne également », se réjouit cet autodidacte qui s’est formé sur le tas. Amad Aly observait, goûtait, testait, avant de compléter son savoir par des formations et des ateliers culinaires.

Les spécialités de la maison sont celles du Nord : romazava, ravitoto au coco, poissons grillés et autres mets aux parfums de gingembre et de coco. « La quantité et la qualité doivent se marier », dit Aly, qui connaît bien ses clients : « Les Mahorais constituent la majorité de notre clientèle, ils aiment les plats copieux. »

Chez lui, même un plat hors carte peut être préparé sur demande — du moment qu’il est malgache. Car ici, personne ne repart bredouille : la cuisine est une affaire de coeur, et Aly y met tout le sien.

Présentez-nous votre style ?
Cuisine du terroir, du Nord de Madagascar.

La cuisine, en trois mots ?
Vie, amour, avenir.

Vos ingrédients de prédilection ?
Les épices… J’aime mettre du curcuma, du gingembre et un mélange très connu dans le Nord de Madagascar et dans nos îles voisines, qu’on appelle « cinq épices ». Dans cette partie de Madagascar, on est viandards, très carnivores. Et je pense que c’est à cause de cela que j’ai cette passion pour les épices.

Et le produit que vous n’aimez pas ?
Les épices transformées et chimiques. Le vetsin (glutamate monosodique) et ces autres exhausteurs de goût… En plus, ce n’est pas bon pour la santé.

Comment créez-vous vos plats ?
Je mange dans d’autres restaurants. Mais je discute aussi avec mes clients. Je leur demande ce qu’ils aimeraient manger, comment ils préféreraient que je prépare un plat. Je discute aussi avec mon personnel. Chez Aly, on est démocratique (rire).

Quel plat vous rend fou ?
Le romazava aux crevettes. Cuit au feu de bois, s’il vous plaît. J’en raffole !

Le plat que vous n’aimez pas ?
Je ne suis pas du genre difficile. Je mange de tout, sauf les plats avec des ingrédients fady (interdits, tabous).

Votre boisson préférée ?
Le rhum arrangé, que je prépare moi-même. Avec modération, cela va sans dire !

Les Chefs qui vous inspirent ?
Il y avait un chef à Antsiranana qui se surnommait Paul VI. C’était un véritable enchanteur. Mais je suis aussi un grand fan du chef Lalaina Ravelomanana.

À quel rythme changez-vous votre carte ?
Nous ne raisonnons pas beaucoup en termes de carte. Notre carte est là, mais nos propositions changent toutes les semaines.

Votre actualité ?
Chez Aly va entrer dans l’esprit de Noël à partir de ce mois de novembre.
Nous allons mettre en avant le magret de canard, à la façon Aly.

Propos recueillis par Solofo Ranaivo

Ravitoto à la viande au coco

Ingrédients (pour 4pers) :
- 500 g de ravitoto (feuilles de manioc pilées)
- 400 g de viande de boeuf
- 1 oignon moyen émincé
- 3 gousses d’ail pilées
- 4 cuillères de sucre
- 3 noix de de coco
- 2 cuillères à soupe d’huile (ou un peu de gras de zébu )
- Sel selon le goût
- Un peu d’eau (si besoin)

Mode de préparation :
- Dans une marmite, chauffez l’huile.
- Ajoutez les morceaux de viande et faites-les dorer sur toutes les faces.
- Ajoutez l’oignon, l’ail et Mélangez bien.
- Ajouter le ravitoto
- Versez le ravitoto dans la marmite et mélangez.
- Ajoutez un petit verre d’eau pour éviter que ça colle au fond.
- Couvrez et laissez mijoter à feu moyen pendant environ 30 à 40 minutes jusqu’à ce que la viande soit tendre.
- Versez le lait de coco, mélangez bien.
- Laissez cuire encore 1h30 minutes à feu doux, sans couvrir, pour que la sauce épaississe un peu

Servez bien chaud avec du riz blanc et, pour les amateurs, un peu de rougail tomate ou sakay à côté

Propositions gourmandes

Salade de poisson fumé
Brochette de zébu
Crevette au coco
Moelleux au chocolat
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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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