Boys-bands : La pop inoxydable
7 septembre 2025 // Musique // 11235 vues // Nc : 188

Les harmonies pop survivent aux révolutions technologiques. Entre Tempo Gaigy et G5, quinze ans d'écart mais une recette qui marche toujours. Preuve que certains formats résistent au temps… et au ridicule.

Un boys band, c’est ce cocktail calibré de voix harmonisées, chorégraphies millimétrées et looks travaillés, où la pop devient un spectacle autant qu’un son. Un format inventé dans les années 90 avec les Take That, Backstreet Boys ou Worlds Apart, et qui a marqué toute une génération. Trente ans plus tard, à Madagascar, le phénomène n’a rien d’un souvenir : il s’est réinventé, porté par deux générations qui racontent chacune leur époque.

Le premier témoin s’appelle Popol, figure de Tempo Gaigy. Fils de Bekoto du groupe Mahaleo, il choisit pourtant un virage radical en optant pour la pop chorégraphiée. « On a commencé comme danseurs au lycée Saint-Joseph d’Antsirabe. Mais ce n’est qu’avec l’explosion de Ramose Tatanta qu’on a vraiment percé », raconte-t-il. La recette du succès, à l’époque ? La proximité avec les radios FM. « Il suffisait de filer notre cassette aux potes qui bossaient en station. Comme il y avait moins de chanteurs et moins de radios, les gens nous écoutaient », se souvient-il. Dans ce Madagascar des années 2000, les boys bands vivaient déjà leur âge d’or.

Une quinzaine d’années plus tard, Larry et son groupe G5 surgissent dans un univers musical saturé. Leur carte maîtresse : une émission de téléréalité dédiée aux boys bands. « Il fallait former un groupe de cinq gars capables de chanter et danser. L’émission était suivie partout, et ça a lancé notre notoriété avant même nos premiers titres », se souvient-il. Contrairement aux clichés qui annonçaient la fin des boys bands, G5 prouve que le modèle continue de séduire. La relève était là, simplement en attente du bon projecteur.

Reste la question de l’endurance. Popol se souvient de fans organisés en clubs quasi institutionnels, jusqu’à tenir un local à Analakely où circulaient photos et coupures de presse. « Parfois les supporters nous montaient les uns contre les autres, mais entre groupes, il y avait une bonne entente », sourit-il. Larry, lui, vit dans un autre écosystème : YouTube, Spotify, TikTok, et la logique du placement de produits. « Les revenus, c’est un peu tout ça à la fois : concerts, droits d’auteur, streaming, pubs… », lance-t-il. Une casquette d’entrepreneur collée à celle d’artiste.

Mais au fond, une constante demeure : le lien avec le public. Dans les années 2000, les concerts de Tempo Gaigy pouvaient même se transformer en foire improvisée, avec des vendeurs de jeans montant sur scène. « On a fini par en apporter nous-mêmes ! », rigole Popol. Aujourd’hui, les fans ne lâchent pas leurs écrans, mais l’équation reste la même : séduire, surprendre, fidéliser. Des cassettes aux streams, des radios FM aux buzz TikTok, les boys bands malgaches rappellent que cette formule musicale, qu’on aime moquer, n’a en réalité jamais disparu. Elle s’adapte, change de costumes, mais conserve son cœur : une pop à plusieurs voix, qui continue de traverser les époques sans perdre le rythme.

Mpihary Razafindrabezandrina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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