Ascenseur pour la censure
14 septembre 2022 // Media & Add-0n // 12155 vues // Nc : 152

Le jeu vidéo est souvent considéré comme le divertissement « child-friendly ». Mais il n’y a pas d’âge pour jouer et certains studios sont passés maîtres dans l’art du jeu destiné au public averti. Mais à trop jouer avec le feu, il arrive qu’on se brûle et finisse par subir la censure.

Bully : zéro de conduite
Impossible de parler censure sans évoquer un jeu de Rockstar Games, connu pour la saga des Grand Theft Auto. Quelle polémique n’a pas subi le studio avec ses multiples productions borderlines ? On n’aurait pas assez de tout un numéro pour lister tous les écarts dont il a été accusé, avec ses jeux nous mettant dans la peau d’une multitude de truands. Et si on ne devait évoquer qu’un cas, ce serait celui de Bully. Cette simulation de vie collégienne n’a connu qu’un épisode, mais il est rapidement devenu culte, et les fans attendent toujours qu’il revienne. Mais lorsqu’il est sorti, en 2006, il n’a pas fait que des heureux. Dans la province du Rio Grande do Sul, au Brésil, toute personne vendant ou possédant le jeu peut recevoir une amende. Une décision du gouvernement, qui estimait que Bully promeut la délinquance en tout genre auprès des jeunes. Commettre autant de méfaits dans la peau d’un écolier n’aurait pas le même impact sur le public qu’incarner des malfrats adultes.

EA Sports MMA : trop fort de café(ine)
Celui-ci, c’est notre petit coup de cœur, en raison de la cause de la censure. Pour rappel, le MMA est un sport de combat, aussi appelé « arts martiaux mixtes ». Très populaire aux États-Unis, il possède même sa propre fédération internationale. EA Sports MMA est l’adaptation vidéoludique de l’éditeur Electronic Arts. Il ne possède pas la licence officielle de l’UFC, qui est la ligue américaine de ce sport. Mais ce n’est pas la raison de sa censure. Pas plus que la violence qu’il affiche, ce serait comme bannir un jeu de formule 1 parce que les voitures ne respectent pas la limite de vitesse en ville. Non. En 2010, ce jeu de combat a été banni du Danemark pour les pubs de boissons énergisantes qu’on peut voir entre les matchs. C’est contre la loi du pays, et ça suffit pour y empêcher sa distribution. Tout simplement.

The Guy Game : déshabillez-moi (mais pas trop vite)
Si ce titre ne vous dit rien, c’est normal. Ce jeu est loin d’être une référence en termes de qualité. Sorti en 2004 sur PC, PlayStation 2 et Xbox, il s’agit d’un jeu vidéo pour adultes qui ne cachent pas ses intentions. Un jeu de quizz à choix multiples, qui récompense chaque bonne réponse par un ministrip-tease de femmes plantureuses tourné en prise de vue réelle, donc avec de véritables personnes. Jusque-là, rien d’anormal, puisqu’il propose ce qu’il annonce. Il a pourtant réussi l’exploit à se faire bannir des États-Unis, le pays de la liberté ! Pourquoi ça ? Raison simple, pour un verdict indiscutable. L’une des fameuses filles n’avait que 17 ans quand elle a tourné ses scènes… Résultat, le studio a été accusé de pédopornographie, et la distribution du jeu a été interdite.


Eymeric Radilofe

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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