IndabaX Madagascar : Des machines et des hommes
23 novembre 2025 // High-tech // 1258 vues // Nc : 190

Du 19 au 21 septembre, l’Axian University d’Andraharo a accueilli la troisième édition d’IndabaX Madagascar, un événement dédié à l’intelligence artificielle (IA) qui ne cesse de gagner du terrain sur le continent. Cette année, le thème allait droit au cœur : « L’IA en action pour révolutionner l’éducation et la science à Madagascar ».

Présent dans plus de vingt pays africains, IndabaX est le relais local du Deep Learning Indaba, le plus grand rassemblement panafricain dédié à l’intelligence artificielle. « Chaque IndabaX est comme un chapitre local de ce grand mouvement », explique Dihariniaina Rabearimanana, co-leader du pilotage. « C’est une manière de décentraliser la connaissance, d’amener la science des données jusque dans nos universités, nos entreprises et nos écoles », rajoute-t-elle. Né d’une volonté de démocratiser l’accès au savoir, IndabaX Madagascar sert de plateforme d’échanges, de formation et de mentorat pour les chercheurs, étudiants et professionnels intéressés par l’IA.

Cette troisième édition n’a pas dérogé à la règle : idéathon, hackathon, ateliers pratiques, conférences, concours de recherche et sessions de réseautage ont rythmé trois jours d’intense effervescence. L’événement, parrainé cette année par le Laboratoire d’intelligence artificielle de Madagascar (LIAM), était entièrement gratuit. « Beaucoup de jeunes Malgaches entendent parler d’intelligence artificielle sans en comprendre les mécanismes. Notre objectif, c’est de briser cette barrière de la complexité », précise Dihariniaina.

Parmi les intervenants, Dr. Lucky Oggo, docteur en informatique et communication, qui a tenu une conférence sur le thème « Le présent et l’avenir de l’intelligence artificielle : la fin de la civilisation ou une nouvelle ère de l’évolution humaine ? ». De son côté, Erlando Haskett Lacouture, fondateur et gérant de sociétés dans le secteur des nouvelles technologies, a fasciné son public avec le thème « Le prompting comme nouvelle compétence du futur » Un thème crucial dans un pays où le taux de pénétration numérique reste faible, mais où la volonté de ne pas « rater le train » est manifeste.

« L’IA n’est pas qu’une affaire de géants technologiques. Elle peut aussi servir à améliorer la vie quotidienne, à concevoir des outils éducatifs adaptés à nos réalités locales », témoigne Miora, une étudiante participante. Pour d’autres, l’événement a surtout permis de « mettre des visages sur une communauté », de tisser des liens entre passionnés et professionnels du secteur. Même si l’événement se veut ponctuel, l’équipe reste ouverte aux propositions des partenaires. Dihariniaina Rabearimanana confie que ce genre d’événement reste une opportunité pour tous de se retrouver autour de l’IA, autant sur le plan professionnel que relationnel.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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