IOAI : Code et gloire
19 octobre 2025 // High-tech // 4442 vues // Nc : 189

Quatre jeunes filles reviennent de l’International Olympiad in Artificial Intelligence (IOAI) de Beijing, les bras chargés de distinctions. La compétition internationale s’est déroulée en août, avec la participation de plus d’une soixantaine de pays.

Des génies en short ! Entre les examens du baccalauréat, les stages et la compétition, cette équipe entièrement féminine s’est battue jusqu’au bout. Aina Finaritra, Manasoa, Fitizo et Mendrika sont toutes lycéennes et sont accompagnées par leur mentor technique et team leader, Cynthia Rakotoson. Celle-ci explique : « Il y avait deux volets à travailler : le GAITE Contest, en individuel, où chacune devait coder et développer des solutions en intelligence artificielle (IA), et le Team Challenge, où nous devions collaborer pour programmer le robot Galbot. »

Si cette seconde épreuve nécessitait une entente et une solidarité parfaites, la première exigeait une concentration intense pendant deux jours et de solides compétences en programmation et en IA. C’est lors de cette épreuve individuelle que Manasoa reçoit le « Third Level Award » et Aina Finaritra une « Honorable Mention ». L’équipe, encore très jeune, poursuit son parcours : « Au-delà des concours, nous aimerions développer des projets concrets en IA et robotique pour aider à résoudre des problèmes locaux », déclare le team leader.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que Madagascar se distingue en robotique. Soutenues par STEM for Good, elles ont bénéficié de l’aide matérielle des organisateurs, de leurs parents et de l’entreprise INSYNIUM : ce type de coup de pouce essentiel pour le milieu. D’autant qu’une nouvelle équipe malgache se prépare déjà pour les Jeux Olympiques – le First Global Challenge 2025 – qui se tiendront à partir du 29 octobre au Panama.

Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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