Naty Kaly : Embellir la rue
3 juillet 2021 // Arts Plastiques // 6358 vues // Nc : 138

Peintre et graffeur, Naty Kaly baigne dans le milieu de l’art urbain depuis une vingtaine d’années. Il a d’abord débuté dans les mouvements hip hop, rap, break dance et le graffiti. De passion le graffiti est devenu son métier. Il a ainsi développé son style et s’est fait un nom dans le domaine. « La peinture permet de s’exprimer comme toutes les autres formes d’art. Elle renvoie à différentes émotions. Je m’inspire tout simplement de la vie quotidienne. » Que ce soit sur une toile ou sur un mur, ses œuvres sont tellement réalistes qu’elles font penser à des photographies. Il met en valeur les expressions de ses personnages, le regard, les traits du visage, les couleurs…

De sa passion pour la peinture est née une philosophie, un mode de vie baptisée Taninjanaka, terre des enfants, en opposition à Tanindrazana, terre des ancêtres. « Il est important de connaître le passé et tout aussi important de savoir ce que nous allons léguer à nos enfants. » Ses œuvres sont toujours porteurs de messages forts qui interpellent ou questionnent. « Devant une peinture, chacun peut avoir sa propre interprétation. Par exemple, en regardant le dessin d’un caméléon, une personne peut retrouver la beauté et la richesse naturelle de notre pays et se dire qu’au final, il est important de ne pas détruire l’environnement. »

Pour donner plus de valeur au street art, il a créé avec d’autres artistes peintres, notamment Riana et Rado, le projet Rangotra (Griffe). C’est un projet artistique, social et engagé qui a pour objectif d’embellir les villes à travers l’art urbain. « Nous avons commencé par les murs qui se trouvent dans la Cité d’Ampefiloha, parce que nous sommes des habitants du quartier, mais aussi dans le quartier d’Ankorondrano. Notre objectif est de contribuer à l’embellissement des villes, de recouvrir les murs sales ou défraîchis par des œuvres d’art, de sensibiliser et d’éduquer la population. »

Projet Rangotra
Tano
90 x 70 cm
Manala
90 x 70 cm


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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