Idylles abracadabrantes : Silence, ça aime
11 octobre 2025 // Arts de la scène // 6327 vues // Nc : 189

À Madagascar, le duo belge Mascha et Vincent a offert une parenthèse enchantée avec Idylles abracadabrantes. Un spectacle muet, drôle et tendre, où l’amour se dessine en gestes, en regards et en maladresses. Une bulle universelle, jouée aussi bien devant les enfants que les festivaliers.

Deux personnages, un homme et une femme, se croisent, s’apprivoisent, s’énervent, se séduisent. L’histoire pourrait paraître banale, mais chez Mascha et Vincent, elle prend des allures de poésie visuelle. Leur spectacle, « Idylles abracadabrantes », est une romance muette de 30 minutes où l’amour se dit autrement : par des gestes, des maladresses, des rires, des jonglages, des clowneries et des regards complices. Le public, qu’il soit enfant dans un orphelinat d’Ivato ou adulte assis dans un festival d’humour, se laisse happer par cette bulle tendre et comique, sans barrière de langue. « Nous voulons dépasser les frontières linguistiques. Les gestes sont plus parlants que les mots », explique Mascha, fondatrice de la compagnie Tiguidap. Et la mission est réussie, car les éclats de rire fusent, les sourires se dessinent, et chacun repart avec une petite dose de magie.

L’histoire de la pièce est aussi insolite que son titre. Elle est née en Chine. « Lors d’un voyage où l’on nous a demandé d’inventer un numéro à jouer le lendemain. En une nuit, Idylles abracadabrantes a vu le jour », raconte Vincent Paquot Rasquinet, jongleur et spécialiste de pyrotechnie. Depuis, la pièce a voyagé aux États-Unis, en Europe et maintenant à Madagascar, s’enrichissant à chaque étape de petites touches locales. « Un geste peut avoir un sens en Europe et en signifier un autre ailleurs. Nous adaptons toujours notre langage corporel pour être compris de tous », précisent-ils.

Invités au pays pour un mariage, les deux artistes belges n’ont pas résisté à l’envie de partager leur création. Leur agenda fut chargé : représentations dans des écoles de quartiers défavorisés, spectacles dans des orphelinats, mais aussi apparitions aux côtés d’humoristes malgaches sur scène. Une générosité artistique qui a touché autant que diverti.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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