Andrianaivo Mahenina : Le regard fidèle au réel
5 avril 2026 // Arts Plastiques // 2686 vues // Nc : 195

Depuis plus de vingt ans, Andrianaivo Mahenina peint Madagascar à hauteur d'homme. Paysages, portraits, scènes de marché : une œuvre ancrée dans le réel, sobre et lumineuse, qui avance à son rythme — loin du bruit, mais jamais loin de l'essentiel.

Il y a des peintres qui cherchent à stupéfier. Andrianaivo Mahenina, lui, cherche à voir juste. Pas de distorsions expressionnistes, pas d'abstractions labyrinthiques — son œuvre s'installe dans le réel avec la tranquillité de quelqu'un qui sait exactement où il va. « Je ne suis pas un peintre abstrait », assume-t-il. Une phrase courte, presque banale, mais qui dit tout d'une démarche construite sur la patience et la précision. Tout commence, comme souvent, par le dessin. Présent depuis l'enfance, le trait est le socle sur lequel Randrianaina Andrianaivo Mahenina — son nom complet — bâtit peu à peu sa pratique. Il apprend auprès de peintres plus expérimentés : la patience du geste, l'équilibre des formes, et surtout cet art délicat, jamais vraiment enseigné, du mélange des couleurs. La transmission est lente, progressive. Elle forge une écriture visuelle où chaque composition trouve sa place sans excès ni artifices — ce que les Anglo-Saxons appellent understatement, et que les peintres flamands du XVIIe siècle auraient reconnu sans peine.

L'an 2000 marque un tournant. Le Festival Hosotra, sur l'esplanade d'Analakely, lui offre une première scène publique. D'abord dessinateur, puis portraitiste, il glisse naturellement vers la peinture. La signature se précise. Les expositions s'enchaînent, à Madagascar comme à l'étranger, notamment à travers des initiatives liées à Marque Madagascar. Sa palette de prédilection ? La peinture à l'huile et l'aquarelle. Deux médiums aux tempéraments opposés — l'une dense et lente, l'autre fugace et transparente — qu'il manie avec la même attention portée à la lumière quotidienne. Car c'est bien la lumière qui structure ses toiles : cette lumière malgache, crue le matin, dorée à la tombée du jour, qui change tout ce qu'elle touche. Ses sujets de prédilection sont les paysages et les portraits, ces territoires où se croisent espaces, visages et émotions retenues. Scènes rurales, marchés animés, transports populaires, gestes simples : des fragments de vie restitués sans mise en scène, avec une sincérité presque silencieuse. Hopper avait ses diners américains déserts ; Mahenina a ses rizières et ses taxi-brousse chargés.

Loin de l'image romantique de l'artiste foudroyé par l'inspiration, il revendique une démarche plus calme, nourrie par l'attachement aux lieux et aux gens. C'est cette proximité qui donne à son œuvre sa dimension humaine. Rien n'est forcé. Tout est regardé. Sa peinture déborde aussi, parfois, hors du cadre. Fresques murales de grand format, visibles dans différents lieux de la ville. Peinture sur vêtements, en collaboration avec un styliste malgache — une manière d'ouvrir le geste pictural à l'espace public et à de nouveaux dialogues. En 2025, une vente-exposition à La City Ivandry confirme une présence régulière, discrète mais constante. Des projets à l'international se préparent. « Chaque artiste possède sa propre identité et sa valeur singulière », dit-il, lucide et serein. Une conviction qui ressemble à une armure légère — celle de quelqu'un qui n'a pas besoin de convaincre, parce que le travail parle. Ce qui reste, au fond, c'est une question simple que ses toiles posent sans jamais y répondre : combien de Madagascar n'a-t-on pas encore regardé vraiment ?

Lucas Rahajaniaina

Facebook : Andrianaivo Mahenina
Contact téléphone et WhatsApp : 0342424464

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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