Zig Zag : Y'a pas de lézard
6 septembre 2026 // Nature // 533 vues // Nc : 200

Il ressemble à un ver, mais c'est bien un lézard. Enfoui sous les dunes de sable blanc du nord-ouest de Madagascar, une espèce totalement inconnue de la science vient de refaire surface. Plus qu'une découverte, Zig zag révèle qu'une partie de la biodiversité malgache reste encore à écrire.

une nouvelle espèce — elle révèle aussi un genre entièrement inédit, une première à Madagascar pour un scincidé découvert sur le terrain depuis le XIXe siècle. Son nom intrigue autant qu'il amuse. Derrière Zig zag se cache une vieille lignée évolutive demeurée invisible pendant près de 36 millions d'années. Son corps allongé, dépourvu de pattes, évoque davantage un ver qu'un lézard — une silhouette façonnée par le temps et par un environnement aussi chaud qu'abrasif. Au fil de l'évolution, ses ancêtres ont progressivement abandonné leurs membres, tandis que leurs yeux régressaient pour s'adapter à une vie essentiellement souterraine. Le résultat est un véritable nageur des sables, capable de se déplacer sous la surface avant de remonter à la tombée de la nuit pour chasser les termites.

Le nom n'est pas le fruit du hasard. Les chercheurs ont baptisé son genre Zig et son espèce zag, en référence aux traces ondulantes qu'il dessine sur le sable lors de ses déplacements nocturnes. Pour comprendre l'origine de cet animal, l'équipe internationale dirigée par Aurélien Miralles, chercheur à l'Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité, a combiné analyses génétiques et tomographie tridimensionnelle du squelette. Les résultats ont révélé une anatomie et un patrimoine génétique si singuliers qu'aucun genre connu ne pouvait l'accueillir — il a donc fallu en créer un nouveau. La publication paraît dans la revue scientifique Megataxa, cosignée par une dizaine de chercheurs dont Miguel Vences, figure incontournable de l'herpétologie malgache.

Au-delà de l'anecdote scientifique, Zig zag raconte surtout une autre histoire — celle d'une biodiversité malgache encore largement inexplorée. Chaque année, de nouvelles espèces sont décrites sur la Grande Île, confirmant son statut de laboratoire vivant de l'évolution. Près d'un tiers des quelque 450 espèces de reptiles endémiques de Madagascar ont été identifiées au cours des vingt-cinq dernières années. En 2025 seulement, les chercheurs de l'ISYEB ont décrit 365 nouvelles espèces — soit l'équivalent d'une découverte par jour. L'histoire de Zig zag rappelle finalement que les plus grandes révélations ne se trouvent pas toujours au sommet des montagnes. Parfois, elles se cachent juste sous nos pieds, dans quelques centimètres de sable blanc, attendant que quelqu'un prenne le temps de regarder autrement.

Lucas Rahajaniaina

Photos : Muséum national d’Histoire naturelle

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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