Rekoria Jacob : Mémoire de zébu
11 février 2026 // Success Story // 1388 vues // Nc : 193

Dans sa simplicité tranquille et son optimisme intact, Rekoria Jacob, villageois d’Ambovombe Androy, est récemment revenu sur les bancs de l’université. À bientôt 90 ans, plus de vingt années passées dans l’enseignement et une vie de patriarche déjà bien remplie, il a soutenu, le 1er novembre 2025, son mémoire de master en anthropologie sociale au Centre universitaire régional d’Androy (CURA), obtenant une mention honorable et, surtout, l’envie d’aller encore plus loin.

Son travail porte sur le vilogne, un objet fondamental dans la société antandroy. Chez les Antandroy, le vilogne désigne la marque de découpage des oreilles de zébus. Chaque sous-clan possède son propre dessin, véritable signature identitaire permettant d’identifier l’appartenance sociale, les lignages et parfois l’histoire des familles. Intitulé « Signification du Vilogne dans la vie sociale Antandroy », le mémoire de Rekoria Jacob éclaire un savoir ancien, profondément ancré dans le quotidien pastoral du Sud. « Il n’y a pas encore eu de recherches sur le vilogne d’Androy pendant la colonisation. Les publications existantes parlent surtout des marques récentes, alors que le vilogne existe depuis 3000 avant J.-C. », explique-t-il. Dans l’Androy, Rekoria Jacob est reconnu comme un fin connaisseur des zébus. « Je sais parler le langage du zébu. C’est de là que me viennent beaucoup d’informations sur l’histoire et sur Madagascar », confie-t-il, non sans sourire. Ses connaissances, acquises dès l’enfance, ont même surpris des missionnaires américains et norvégiens.

Né le 14 décembre 1939 sous le nom de Miha, orphelin très jeune, il apprend à lire et à écrire à 17 ans, entre les zébus et sous le soleil d’Antaritarika. Rebaptisé Rekoria Jacob par les missionnaires en 1944, il suit un parcours scolaire atypique, marqué par la persévérance. Il obtient son CEPE à 23 ans, avec un zéro en dictée française mais d’excellentes notes ailleurs. « Je suis sans doute le seul Malgache à avoir réussi le CEPE avec zéro en dictée », lance-t-il en riant. Enseignant, puis directeur de collège pendant vingt ans à Bekily, bachelier en 1981, Rekoria Jacob a marqué des générations d’élèves. Aujourd’hui encore, il transmet son expérience. Et l’octogénaire ne compte pas s’arrêter là : il prépare désormais un doctorat sur le vilogne d’Androy, avec une ambition claire — démontrer que de nombreuses ethnies malgaches trouvent leurs origines dans le Sud.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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