Reggae Bar : Positives vibrations
11 août 2022 // Sortir // 7818 vues // Nc : 151

Ambiance rasta, mais surtout de la convivialité, de la bonne bouffe et de la vibe. Le Reggae Bar à Ankazomanga est sans doute le meilleur plan, en tout cas le plus original, pour chiller sans se prendre la tête.

Les murs sont décorés par des posters de Bob Marley et partout du vert-jaune-rouge… On est bien au temple du reggae, un bar créé par une bande de potes pour qui l’entraide est à la fois une philosophie et une façon d’être. « Nous avons eu l’idée de créer ce lieu parce que nous avions des potes qui n’arrivaient pas à trouver du boulot », explique Iony, le barman. « On s’est dit que c’était mieux de se lancer dans quelque chose qui nous ressemble et d’en faire profiter les amis. » Ouvert en mai dernier, le Reggae Bar est devenu l’établissement incontournable du quartier. Ouvert du mercredi au samedi, il accueille une clientèle déjà fidèle et aussi des curieux. « Notre déco extérieure ne passe pas inaperçue, alors les gens sont curieux de voir ce qu’il y a à l’intérieur. Mais dès qu’ils passent la porte, ils se sentent bien. C’est comme à la maison, la bouffe est excellente et la musique fait le reste. »

Conscient que les clients doivent être chouchoutés, la bande de potes se donnent à fond pour offrir un service de qualité. Et cela commence par des grillades simples, mais efficaces. « Nous proposons trois sortes de viandes, de l’agneau, du poulet mariné et de l’entrecôte. En accompagnement, ce sont des légumes, des frites et de la sauce cheddar », explique Avotra, le cuisinier et le plus âgé de la bande. « Je suis là en soutien à tous ces jeunes qui ont choisi de se prendre en main, et comme en plus je suis un passionné de cuisine, j’ai tout de suite trouvé ma place. » Qui dit reggae, dit bien sûr musique, laquelle se marie fort bien avec le rhum arrangé maison : à consommer avec modération (le rhum pas la musique !) !

Si vous vous sentez d’humeur joueuse, des instruments de musique sont à votre disposition. Un concept qui fait toujours plaisir et qui donne de l’ambiance à chaque soirée. « C’est quand plus sympa que le karaoké en vidéo », lance Boly Rast, en charge du service en salle mais également tatoueur. « À chaque soirée ou même dans l’après-midi, il y a toujours des musiciens ou chanteurs en herbe qui font le spectacle. C’est aussi le petit plus de notre établissement. Sinon, on organise des concerts avec des pros. On a déjà reçu Zongo Bilaky, Kougar et Jah Steve. » Un repère d’artistes, où même les peintres n’hésitent pas à exposer et mettre en vente leurs œuvres. Le sens du partage, tel est bien le leitmotiv de cette petite communauté disponible et bienveillante.

« Au mois de juin, nous avons distribué de la nourriture aux personnes dans le besoin du quartier. C’est ça aussi le rastafarisme ! » Comme projet immédiat, ils se promettent d’améliorer encore les lieux au niveau de la décoration. « Il faut savoir qu’ici c’est une ancienne décharge. Quand nous avons repris la maison, nous avons décidé de revoir toute la déco et de faire nous-mêmes les peintures et le bar… sans l’aide de personne. Ensuite, nous avons rajouté le chalet pour donner une petite ambiance exotique. »


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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