Ra-Fredy : Dealer de look’s
27 avril 2024 // Sortir // 7505 vues // Nc : 171

Au cœur d’Analakely, Zaimaika reste la référence incontournable de la restauration rapide à Antananarivo. Avec une soixantaine de stands, la gargote numéro 46 se distingue sous la direction de Frédéric, alias Ra-Fredy, qui ravit les papilles depuis plus de 50 ans avec le fameux « look ‘s » ou tête de cochon. Du lundi au samedi, ses plats simples, savoureux, et véritablement malgaches, séduisent les habitants de la ville, tout comme ceux venant de tout Madagascar et même d’ailleurs.

La renommée de Ra-Fredy ne se limite pas à Antananarivo ; il est largement reconnu au-delà des frontières. Sa cuisine délicieuse laisse une empreinte mémorable, incitant les clients à revenir. En effet, sa gargote propose des plats traditionnels malgaches tels que le riz, les saucisses, les soupes silamangany ou akoho, et sa spécialité matinale : le look’s (tête de cochon avec du riz), qui captive une clientèle fidèle. « La préparation minutieuse du look’s prend environ 9 heures. On commence dès l’après-midi précédent, avec un réveil à 3 heures du matin le lendemain pour le finaliser jusqu’à 5 heures » explique-t-il. Malgré avoir tenté de diversifier avec du mofo gasy et du café, Ra-Fredy a vite réalisé que les plats malgaches étaient incontestablement populaires, reléguant les autres options au second plan. Maintenant aidé par ses enfants dans la gestion de la gargote, Ra-Fredy ne fait pas les choses à moitié.

Ouvert dès 5h30 du matin, la gargote numéro 46 attire une clientèle variée. « Beaucoup considèrent Zaimaika comme un simple fast-food malgache, c’est parce qu’ils n’ont pas encore goûté nos plats ». Parmi les clients réguliers, on compte des personnalités haut placées de l’Etat, des touristes, des médecins, des étudiants, et bien d’autres qui reviennent pour une deuxième dégustation. Ra-Fredy partage fièrement des anecdotes, comme celle de sept clients malgaches en provenance d’Allemagne qui sont récemment passés pour retrouver le goût authentique de ses plats. De plus, de nombreux expatriés malgaches profitent de leur retour pour savourer le fameux « look’s » chez Ra-Fredy. « Certains sont venus quand ils étaient tout petits, et maintenant adultes, ils veulent retrouver ces souvenirs gustatifs » déclare-t-il avec enthousiasme. « Pour être sûr d’être bien calé  et surtout de bien manger, je ne jure que par les plats de Look’s de Ra-Fredy. C’est une valeur sûre ! Je viens ici deux à trois fois par semaine et je ne suis jamais déçu » lance Lova, qui semble effectivement avoir bien mangé, au vue de son assiette vide !

Interrogé sur son secret, Ra-Fredy révèle qu’il n’y a pas de recette miracle. Il insiste simplement sur le respect du travail, la persévérance et le dévouement. « La fidélité envers nos fournisseurs est cruciale, changer pourrait impacter nos plats » souligne-t-il. En témoignage de cette fidélité, Ra-Fredy sert au Zaimaika depuis 1972, et partage également que deux gargotiers, toujours actifs comme lui, ont commencé leur aventure au Zaimaika avant même ses débuts. Une histoire captivante qui témoigne de la longévité de ce lieu qui regorge de nombreuses histoires.

Propos recuiellis par  Cedric Ramandiamanana

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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