Mickael Ratera : Le type qui souffle
6 juin 2026 // Musique // 4593 vues // Nc : 197

Il y a deux ans, personne ne connaissait son nom. Aujourd'hui, Rija Ramanantoanina, Reko Band et le groupe Zay se le disputent. Mickael Ratera joue de l'harmonica — et cette petite boîte en métal, entre ses lèvres, change tout.

Il y a quelque chose d'un peu vertigineux dans la trajectoire de ce garçon discret. Pas de bruit, pas de campagne de communication, pas d'attaché de presse. Juste un souffle — et soudain, les plus grosses pointures du showbiz malgache qui se retournent. Sur scène, sa présence change la couleur d'un concert, mais pas de manière tapageuse. Subtilement, comme quand une épice bien dosée transforme un plat qu'on croyait connaître. L’histoire d’amour commence par la guitare et une passion dévorante pour le flamenco. En regardant les doigts de Paco de Lucía, son regard tombe sur Antonio Serrano, virtuose espagnol de l'harmonica chromatique. Le déclic a été immédiat. « Je n'ai pas choisi l'harmonica, c'est l'harmonica qui est venu vers moi », confie-t-il ce garçon qui a trouvé sa voie par accident.

Sans instrument professionnel au départ, il bricole, improvise, développe une signature organique qui doit plus à l'instinct qu'au solfège. Son terrain de jeu : le chromatique, couteau suisse du mélodiste, et le diatonique, l'instrument des bluesmen — celui que Sonny Boy Williamson ou Little Walter ont porté au rang d'art majeur. Mickael en fait autre chose. « Parfois, j'ai l'impression de souffler un violon ou une guitare, pas juste un harmonica », s'amuse-t-il. C'est précisément cette approche — presque sauvage, résolument libre — qui circule sur les réseaux sociaux et attire l'œil bienveillant de Mahe Dera, qui lui envoie ses premiers instruments sérieux depuis l'étranger. La suite va vite. « Sur scène, je ne récite pas, j'improvise selon la vibe de la salle », dit-il. Les artistes qui l'invitent une fois le réinvitent toujours. Il y a une logique là-dedans.

Puis vient l'invitation du World Harmonica Festival de Trossingen — le grand rendez-vous mondial, qui n'a lieu que tous les quatre ans. Édition 2025, dixième du nom. Jouer aux côtés d'Antonio Serrano, son idole d'enfance. Le rêve absolu. Sauf que le festival tombe pile sur ses examens de Master. « J'ai dû choisir », dit-il simplement, avec cet air légèrement triste de quelqu'un qui a fait le bon choix mais qui s'en souviendra longtemps. Le festival lui a déjà renouvelé l'invitation pour la prochaine édition. L'histoire n'est pas finie — elle n’est qu’une partie remise.

Tatiana Randriamanakajasoa

Contact Mickael Ratera : 034 65 218 16

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir