Mahyen Lesy : L’humour est dans le pré
13 décembre 2025 // Influenceur du mois // 6292 vues // Nc : 191

Avec ses personnages taillés dans la terre rouge du Vakinankaratra, Mahyen Lesy III offre à ses abonnés un humour qui ne se prend pas au sérieux mais qui, curieusement, dit vrai. Une maison à Antsirabe, quelques imperfections volontaires, et soudain, la campagne renaît sous nos yeux.

©photo : Mahyen Lesy III
©photo : Mahyen Lesy III

Il suffit de faire défiler sa page Facebook pour sentir une bouffée d’air du Vakinankaratra — ce vent un peu froid, un peu sucré, qui porte l’odeur de la terre retournée et du lait chaud. Depuis un an, Mahyen Lesy III s’est donné pour mission — volontaire ou pas, le débat reste ouvert — de rappeler au monde que la campagne n’a rien de ringard. Elle a même un humour. Un humour solide, enraciné, qui ne s’excuse pas.

Ce qui frappe, avant même la première chute, c’est la simplicité. Les scènes sont tournées chez lui, à Antsirabe, dans cette maison où l’on devine presque la bouilloire qui chante au fond. Alors que d’autres créateurs dégainent caméras hors de prix, micros invisibles et lumières qui donnent l’impression de tourner un clip, Mahyen arrive avec… presque rien. Une équipe minuscule, des images qui tremblent un peu, des blancs, des imperfections. « Justement », glisse-t-il. Ces défauts font le charme : le côté « paysan », artisanal, assumé jusqu’au bout des rizières.

Et le public adore. Parce qu’il ne joue pas la campagne : il l’habite. Au propre comme au figuré. Le dialecte du Vakinankaratra, les expressions qu’on n’entend plus trop en ville, ces intonations qui rappellent les zébus rentrant du champ… Tout y est. « Plus Vakinankaratra que lui, t’es mort », rigolent ses fans. Robe de grand-mère, fichu sur la tête, il devient « mama », la mère de Mahenina — l’autre personnage qu’il incarne. Deux rôles, une même sincérité. Avant cela, il imitait Christophe Rabearimanana ou Vanintsoa, revisitant leurs voix dans des situations improbables. C’est ainsi qu’il s’est fait connaître. Aujourd’hui, il pousse plus loin. « Si quelqu’un d’ailleurs le faisait, ce serait choquant. Mais moi, je suis d’ici. Donc si je me moque… je me moque de moi-même », explique-t-il avec ce sourire qu’on devine très bien, même hors caméra.

Aucun sujet n’est tabou, tant que la dignité des gens est intacte. « On peut rire de tout, du moment qu’on ne médit personne », chuchote-t-il. Dans un épisode devenu culte, il imagine l’Annonciation… version Vakinankaratra. L’archange Gabriel qui parle comme un marchand du marché d’Asabotsy, comment ne pas rire ? Pour l’instant, deux personnages phares seulement. Mais « d’autres arrivent », promet-il. 2026 pourrait bien voir éclore une petite troupe. On ne demande qu’à suivre.

Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Making of shooting mode – Août 2026 – NC 199

Retrouvez le making of shooting mode du no comment® magazine, édition Août 2026 - NC 199
Prise de vue : Ambatobe 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole 
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Alexane, Nolan, Mitia, Diary, Karen, Randy, Taniah, Tafita
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir