Laz : La vaLeur ajoutée du rap
2 février 2022 // Musique // 12636 vues // Nc : 145

Après 20 ans dans le circuit du rap, Laz sort enfin son premier album solo, « Lzao Azy » (dis-leur). un opus de la maturité qui intègre tous les ingrédients de la réussite : du bon son, des textes intelligents et de l’énergie à revendre. « Il faut aussi savoir mettre de la valeur ajoutée dans les choses que l’on fait. », note-il avec élégance.

« J’aime l’idée de partage, de fraternité que je retrouve dans les clans et dans le rap. Pour moi, c’était une évidence de faire du rap. J’aime les sons, j’aime écrire. » Il fait partie des vétérans du rap malgache, évoluant dans le milieu depuis 20 ans. Il a fait ses armes auprès de plusieurs clans comme Bogota et Otentika Connexion. Il a également lancé Vako Urban Music avec un autre rappeur, Jento, accompagné de mpihira gasy (musiciens traditionnels). « À l’époque, j’écoutais beaucoup de rap français comme Fonky Family ou Psy4 de la Rime. » Mais après 20 ans de carrière et diverses collaborations, il a le désir de proposer quelque chose de plus personnel, d’où cet album solo sorti en décembre dernier, baptisé Lazao Azy (Dis-leur). Quinze titres qui nous transportent dans ses pensées les plus intimes. Comme d’habitude, des textes percutants et criants de vérité. Par exemple, dans 72 tsy aky latsaka, il rappe non-stop sur 72 mesures et parle de politique, de corruption, de tout ce qui ne va pas et dérange dans la société malgache.

L’album est aussi un mélange de genres, entre dub step (Call Back), reggae (Povaka, Pouvoir) et beats influencés des années 90 (RHH Bomb Attack)… En gros, pas de place pour la culture du « bootyshake ». « Pour moi, un bon titre se résume à quatre choses : l’instru, le flow, le texte et la structure. Il faut que le public puisse s’identifier. Il faut aussi savoir mettre de la valeur ajoutée dans les choses que l’on fait. » Mettre de la valeur, c’est aussi savoir s’entourer. Il a choisi de travailler avec des concepteurs rythmiques (beatmakers) de talent comme Boombap Tax, LevelBeatz originaire d’Antsirabe et qui a réalisé 80% des instrus de l’album, Polo Brown spécialisé dans le sampling, West Sunrise et Teed.

Et il était une évidence pour lui d’inviter ses vieux potes de groove, toutes ces figures historiques du « rap gasy » comme Vy Mamay, Diojay, Ti-Ah, Soekarno, Doubl’enn, Skinto, Biblah, Karavasy, Jento, ValeManda et Zandrilah sur le dernier titre Lazao Azy. « Celle qui fait le chœur dans la majorité des chansons, c’est Annie J que j’ai rencontrée grâce à Vako Urban Music. » Éternel optimiste, Laz est convaincu que le rap peut faire changer les mentalités. « À mon époque, on était surtout dans l’égo trip. Aujourd’hui, les textes sont plus centrés vers des faits sociétaux. De plus, avec les nouvelles technologies, il est possible d’avoir un bon contenu. Il faut juste aussi oser investir. » Cette année, Laz se consacrera à la promotion de son album. Après en avoir donné un avant-goût au no comment® bar à Isoraka en janvier, il prépare un grand concert. Restez connectés !


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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