KebaBe : Turquies dans l’assiette
11 octobre 2025 // Gastronomie // 9903 vues // Nc : 189

Depuis fin juillet, KebaBe (kebab + be) Ankorondrano s’ajoute à la longue liste des fast-foods de la capitale qui proposent déjà du kebab. Mais, à la différence des autres, l’enseigne revendique servir du « vrai et authentique kebab turc ». Transposé des trottoirs d’Istanbul vers un fast-food d’un quartier des affaires à Antananarivo, ce kebab est présenté par la cofondatrice Solene Yazgan comme un gage d’authenticité culturelle, lui permettant de se démarquer de ses concurrents locaux.

Dürüm kebab (galette fine enroulée autour de viande grillée, de légumes et de sauces), İskender kebab (viande de döner tranchée servie sur du pain pita grillé, nappée de sauce tomate et de beurre fondu, accompagnée de yaourt et de légumes), köfte (boulettes de viande) : les plats vedettes du menu portent bien des noms turcs, mais sont cuisinés à 100 % avec du zébu et des produits malgaches. Ce qui vient réellement de Türkiye, ce sont les cuisiniers, la broche à kebab fonctionnant au gaz, et le rituel de marinade qui dure trois à quatre jours. Le décor prolonge lui aussi cette mise en scène : un drapeau turc posé sur le comptoir, des photos pittoresques de la Türkiye accrochées aux murs, et de la musique turque diffusée certains après-midis. « Il y a aussi des Turcs qui viennent, ça parle turc, on se croirait vraiment en Türkiye », précise la cofondatrice.

Pour goûter à cet ailleurs, il faut compter en moyenne 23 000 ariary pour un plat et 4 000 pour une boisson, qu’il s’agisse de l’ayran (yaourt salé), du thé turc ou de sodas produits localement par STAR. « C’est conçu comme un fast-food où les gens viennent surtout récupérer leur déjeuner à emporter », souligne Solene Yazgan. Sur place, les usages sont variés : des familles s’attablent pour partager un repas, à la manière malgache, pendant que des jeunes photographient leur dürüm ou leur köfte avant de les poster sur les réseaux sociaux, transformant ce simple fast-food en un signe de distinction. « On a beaucoup de monde, car les gens sont curieux », ajoute-t-elle. Ce n’est pas encore un véritable succès, mais plutôt un essai, porté par cette curiosité pour l’authenticité affichée : un plat populaire et quotidien en Türkiye devient ici une expérience exotique. Si l’aventure fast-food se confirme, l’ouverture d’un restaurant avec une carte plus variée est déjà envisagée.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Kebabe Tana

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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