Adric : Afro made in Mada
13 juin 2026 // Musique // 2782 vues // Nc : 197

Originaire de la région SAVA, Adric — de son vrai nom Harimanana Kenny — incarne une nouvelle vague afrobeat malagasy, entre influences nigérianes et identité locale assumée. Avec Ninao, son deuxième single, il s’invite déjà dans les playlists des jeunes et s’impose comme une voix émergente à suivre.

Il a 19 ans à peine, et déjà ses refrains tournent en boucle — dans les taxis-brousse, sur les téléphones, dans ces radios locales qui flairent parfois les évidences avant tout le monde. Avec le titre Ninao, Adric s’installe doucement, mais sûrement, dans les hit-parades. Musicalement, ce morceau s’inscrit dans un afrobeat contemporain, épurée, presque minimaliste — une production qui laisse respirer la voix, dans la lignée de certains titres de Joeboy ou Davido. Mais derrière cette fluidité, il y a une intention claire. « Je voulais quelque chose de sincère. Parler d’amour sans détour », confie Adric. Le morceau mêle malgache et anglais, porté par un refrain entêtant — “I need you every time, I need you every day” — qui dépasse facilement les frontières.

Avant la musique, pourtant, il y a eu la danse. Une école du corps, du rythme, du regard. Puis la débrouille : à 13 ans, il compose et enregistre avec un simple téléphone. « Je n’avais rien, mais j’avais envie de créer », dit-il. Une phrase qu’on a déjà entendue mille fois — mais qui, chez lui, sonne encore juste. Le vrai tournant arrive en 2025, lorsqu’il rejoint Bency Production, un label qui avait déjà révélé Lima. Changement d’échelle immédiat. Autour de lui, une équipe se structure, entre beatmakers africains, réalisation visuelle et ingénierie du son. L’objectif est clair : inscrire sa musique dans les standards afro actuels, sans perdre son ancrage. Et c’est peut-être là que tout se joue. Entre Nosy Be et Lagos, entre instinct et stratégie. « Je veux représenter la jeunesse malgache, montrer qu’on peut partir de peu et aller loin », affirme-t-il. La suite est déjà en marche. D’autres titres arrivent, plus rythmés, plus ambitieux. Comme si Adric, morceau après morceau, cherchait moins à suivre une tendance qu’à s’y inscrire durablement.

Et déjà, l’horizon s’élargit. 2026 s’annonce comme une année charnière, presque un laboratoire à ciel ouvert. Adric prépare une série de sorties aux sonorités afrobeats plus affirmées, nourries des tendances actuelles venues du Nigeria, du Ghana ou d’Afrique du Sud, mais toujours traversées par une identité malgache qu’il ne négocie pas. Les prochains titres promettent plus de rythme, plus de danse, des mélodies qui accrochent sans demander la permission. « Je veux que ça bouge, que ça vive », glisse-t-il. Derrière cette montée en puissance, une ambition claire : faire circuler sa musique bien au-delà des frontières — et, chemin faisant, installer son nom parmi ceux qui comptent.

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Pierrot Men : Le regard d'une vie

Lire

6 juillet 2026

Pierrot Men : Le regard d'une vie

À l'heure où les écrans débordent de couleurs saturées et d'images consommées en quelques secondes, Pierrot Men rappelle qu'une photographie peut enco...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - Razafindrakoto Fidel - Juillet 2026 - NC 198

Découvrez Razafindrakoto Fidel, fabricant de charrettes dans le no comment® NC 198 – juillet 2026.
Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir