Adèle Ramamonjisoa : Coordinatrice des appuis au consulat général honoraire de Monaco à Madagascar
18 décembre 2023 // L'interview // 2881 vues // Nc : 167

Le Consulat Honoraire de Monaco à Madagascar ?
Le Consulat Honoraire de Monaco est installé à Madagascar depuis 2003. Il s’engage dans les actions sociales tout en renforçant les relations bilatérales entre les deux pays. Nous soutenons en ce sens des actions à petite échelle avec des impacts tangibles en conformité avec la vision du Gouvernement Princier. Nous agissons sur trois volets notamment la santé, l’éducation et l’enfance vulnérable puisque ce sont les secteurs qui sont les plus touchés par les difficultés sociales. Notre engagement est sincère et nous n’attendons rien en retour.
Chaque citoyen qui en a le souhait, doit s’engager et plus nous serons nombreux, plus nous réaliserons qu’une population organisée, travailleuse et solidaire et mille fois plus efficace et puissante que n’importe quel état et son administration. Cela vaut pour tous les pays du monde.

Quels sont vos programmes ?
Dans le domaine de la santé, chaque année, nous apportons un appui financier et/ou matériel aux hôpitaux publics et aux associations qui soulagent les malades ou font de la prévention. Nous avons également contribué à la rénovation d’infrastructures hospitalières. Au niveau de l’éducation, nous avons deux programmes. Le premier, c’est une bourse que nous octroyons aux meilleurs élèves, mais qui n’ont pas les moyens de poursuivre leurs études. Depuis 2014, nous avons pu financer les études de 154 lycéens et étudiants. Le second concerne le sport scolaire. Nous fournissons des matériels et des équipements sportifs de base à des écoles publiques (EPP, CEG et lycées) dans quatre régions : Analamanga, Itasy, Bongolava et Vakinankaratra. Nous avons touché 597 écoles scolarisant 257 299 élèves depuis le début du programme. Sinon, nous avons des actions ponctuelles comme la dotation de matériels et équipements informatiques pour l’apprentissage de l’informatique dans les CEG et lycées, la dotation de matériels et équipements pédagogiques pour l’apprentissage du français ainsi que les campagnes de sensibilisation à l’hygiène bucco-dentaire auprès des EPP. Enfin, le Consulat investit dans le domaine de l’enfance vulnérable à travers la collaboration avec une trentaine d’associations qui appuient des enfants en situation de handicap, des enfants en situation de rue, des enfants sans appuis parentaux et des enfants en situation de précarité. Nous réalisons également des distributions de couverture en début de la période hivernale pour les enfants de moins de 5ans dans les quartiers défavorisés d’Antananarivo.

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Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

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