En ville avec Conan
11 juillet 2020 // Downtown // 6915 vues // Nc : 126

Le 20 mai dernier, Zafimahaleo Tiavina Jerry Benson, alias Conan, a représenté Madagascar à la Coupe du monde du slam, en direct live. Même s’il n’est pas allé jusqu’en finale, il a fait la fierté de tout un pays. Il nous livre ses bons plans dans la ville des Mille.

Ton resto favori ?
Je suis plutôt « vary mitsangana » (restauration sur le pouce). Je vais rarement au resto mais quand ça m’arrive, je vais à l’Hôtel de l’Avenue, du côté de l’avenue de l’Indépendance. J’adore les plats faits maison de ma mère et d’une certaine personne (rires). Il m’arrive aussi de cuisiner.

Ton plat préféré ?
J’aime les plats locaux. Je suis particulièrement fan du combo « anan-drano sy saosisy » (brèdes et saucisses) avec du riz.

Ta boisson fétiche ?
Pour rester fidèle à mon pays, je dirais le Nosy Be, avec modération bien sûr. Sinon, j’aime le mojito et je ne dis jamais non à une bonne bière !

Tes hobbies ?
En dehors de l’écriture, j’aime boire avec mes potes, nager et sortir avec une personne spéciale dont je tairais à nouveau le nom.

Un endroit pour faire du shopping ?
J’aime bien chiner aux puces. Les friperies il n’y a que ça de vrai !

Un lieu pour s’évader le week-end ?
Je ne vais pas souvent en périphérie. Quand j’ai du temps libre, je préfère rester en ville parce que je m’y sens mieux. J’y connais beaucoup d’endroits intéressants.

Tes meilleurs plans vacances ?
Sans hésitation, Taoamasina. J’aime y aller avec mes cousins. C’est un endroit auquel je me suis attaché et où j’ai eu des souvenirs marquants.

L’événement culturel qui t’a le plus marqué ?
Le concours de slam national SNX qui a eu lieu en 2019. Cet événement m’a marqué parce que j’ai été sacré champion national individuel.

Ton actualité ?
Je prépare mon premier spectacle.

Propos recueillis par Miora Randriamboavonjy

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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