En ville à tanà avec Djette Manouella
10 septembre 2025 // Downtown // 5210 vues // Nc : 188

Parrainée par Mixx Vibes, elle a commencé ses premiers cours en juillet 2024 et deux mois après, elle intègre Apis Inda Mix, un collectif de filles DJ basé à Antananarivo. Avant de préparer sa prochaine soirée, Manouella Nomen-Tsiory Rahajason – Manouella aux platines – nous livre ses bons plans dans la capitale et ailleurs.

Un quartier où traîner ?
Je ne sors pas beaucoup, mais je dirais Analakely… pour les friperies.

Un restaurant coup de cœur ?
Yummy Break à Tsiadana, j’adore les soupes et les ramens. J’aime aussi les fast-foods, mais sans préférence. Je n’ai pas vraiment de restaurant préféré, j’aime juste tout essayer.

Et votre plat préféré ?
Du Ravitoto sy Henakisoa !

Votre endroit sûr pour faire du shopping ?
Analakely, ou les boutiques à Antananirenina.

Votre boisson préférée ?
Du jus naturel… parce que c’est naturel et vraiment délicieux !

Un endroit pour s’évader le week-end ?
Ampefy. Il y a plusieurs sortes d’activités comme le parapente, le camping…

Et si c’est pour les vacances ?
Nosy Be Hell-Ville. J’y suis allée et je voudrais y revenir bientôt. Le feeling que cette ville dégage donne cette sensation… comme si on n’était pas à Mada.

L’événement culturel qui vous a marqué ?
La première fois où j’ai animé une soirée clubbing en tant que DJ-ette. J’étais habituée aux mariages et aux team building, du coup, c’était un monde totalement différent. C’était un 8 mars au Kudeta le 8 avec DJ Matï.

Votre actualité ?
Je voudrais faire une soirée solo, où je serai la seule à animer. J’ambitionne d’aller loin dans le milieu de l’animation DJ et qui sait, peut-être, « soudainement » me retrouver à l’étranger ?

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Manouella

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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