En ville à Tanà avec Zina Rabedaoro
14 novembre 2025 // Downtown // 2393 vues // Nc : 190

Stand-upper depuis 2020, Zina Rabedaoro a enchaîné les petites scènes privées avec son projet Coloris. À côté, il est aussi poète, graphic designer et guitariste du jeune groupe Yellow Tree.

Votre quartier préféré ?
Ambondrona, c’est au centre-ville.

Restaurant coup de cœur ?
La Varangue, pour le cadre.

Votre plat préféré ?
Le voanjobory sy henakisoa (porc aux pois de bambara), mais aussi le voatavo sy hen’omby matavy (gras de zébu au potiron).

Boisson préférée ?
Le café… et l’eau (rire).

Où faire du shopping ?
Là où il n’y a pas de toit… Isotry, Mahamasina, Analakely. J’aime traîner entre les friperies.

Où commencer et où terminer la soirée ?
Pour sortir, je commence tranquille à l’Ô Chaud Coffeeshop Behoririka, au Madagascar Underground, ou au Grizzlee Steakhouse, pour la bonne nourriture et la bière. Pour finir la soirée : Maman’i Haja.

Un endroit pour s’évader le week-end ?
La Villa Verte, à Ambatomirahavavy. Il n’y a personne, c’est parfait pour un week-end tranquille.

Où aller pour les vacances ?
J’aime tout ce qui est inconnu, tout ce qui est nouveau. Je ne suis jamais allé à Antalaha, mais on m’a dit que c’est une autre facette de Madagascar, qu’on ne connaît pas vraiment.

Un événement culturel qui vous a marqué ?
Impro.fusion, en mars 2024. L’événement a réuni des artistes d’improvisation, qui l’ont mêlée à d’autres disciplines comme le stand-up, la danse, le cirque et le théâtre. J’y ai participé : c’était ma première fois à l’Institut Français de Madagascar.

Votre actualité ?
Je vais me concentrer sur mes réseaux sociaux. Je vais y publier des reels des précédentes scènes de Coloris, pour montrer au public que ça existe — mais que c’est toujours mieux en vrai.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Zina Rabedaoro

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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