Blaogy Voyage - Tiary : Le Globe-trotter malgache
20 mars 2024 // Influenceur du mois // 5733 vues // Nc : 170

Tout le monde connaît l’Allée des baobabs à Morondava et le Mont Passot à Nosy Be, mais qui a déjà entendu parler d’Andranotoraha ou de la réserve d’Ankafobe ? Sur Facebook, Instagram et Tik Tok, Tiary s’est donné comme mission de nous faire découvrir ces trésors cachés. Il nous raconte ses voyages avant de reprendre la route.

La page de Tiary est une mine de surprises. À chaque clic, on découvre un site dont on ne connaissait même pas l’existence, avec une fiche de voyageur à l’appui: comment s’y rendre, ce qu’il y a d’intéressant à voir, et parfois même son histoire. En bonus, on a droit à une visite guidée à travers des vlogs où on le suit, à la façon d’un guide touristique. « Je travaille dans le tourisme. Je me suis rendu compte qu’il y a beaucoup d’endroits inconnus des Malgaches, alors j’ai créé cette page pour faire connaître cet endroit. Je fais des recherches pour trouver des sites, ensuite, je contacte les agences qui organisent des circuits. C’est comme ça que j’ai découvert le parc national de la Baie de Baly au Tsingy de Namoroka, un endroit qui regorge de faunes et de flores endémiques. » D’après son expérience, ses endroits sont peu connus à cause d’un manque d’information, mais aussi parce que les Malgaches n’ont pas encore l’habitude des voyages d’aventure.

Pour changer cette situation grâce à ses contenus, Tiary se fait aider par différents professionnels dans le secteur du tourisme. L’année dernière où il s’est rendu chez les Zafimaniry par exemple, il a contacté des guides, des agences de voyage. Ce sont des partenaires qui financent ses voyages en échange de placements de produits, comme la brasserie STAR et Taptap Send. Des partenaires, il s’en crée aussi de nouveaux en route, comme cette fois à Isalo où un réceptionniste l’a reconnu et a trouvé un moyen de l’héberger alors que l’hôtel affichait complet. En parallèle, il a déjà travaillé avec Kala Nap’s et Christophe Rabearimanana, d’autres créateurs de contenus, tout en gardant ce à quoi on reconnaît son blog de voyage. « J’essaie toujours de montrer mon visage, de rapporter ma vie pendant les voyages. Dans les vidéos, je ne montre pas seulement ce qui va plaire aux gens, je raconte réellement l’histoire du lieu. Pareil pour les photos, je m’y montre toujours pour montrer que j’y étais réellement. »

Pour ses followers, (près de 20 000 sur ses trois comptes) Tiary influence leur rapport avec le tourisme. « Je leur apprends le tourisme sans trace : on ne jette pas des déchets, on n’arrache pas les plantes sous prétexte qu’elles sont belles, à long terme, ça peut dégrader l’environnement. » D’ailleurs, l’un d’eux a décidé d’acheter une voiture pour aller explorer Madagascar. Hors-ligne, il influence aussi ses rencontres sur des sujets variés. « Quand je passais du temps au village de Bekopaka, je leur demandais pourquoi ils brûlaient la forêt de baobab, je leur expliquais ensuite que c’est dans leur intérêt de la protéger, avec les touristes qui viennent. À Ranohira, j’ai appris que les dahalo y volaient surtout des zébus, mais ceux qui volaient de l’argent venaient d’ailleurs. Je partageais aussi les photos des sépultures Bara, des cercueils entre les roches, j’ai remarqué que les sujets culturels sont très sensibles. » Avec une proposition si variée, Tiary projette de monter une équipe pour améliorer son contenu. « J’ai voulu visiter Makay depuis 2020. C’est aussi la raison pour laquelle je dois chercher une équipe. Il faut une équipe de production pour pouvoir montrer toute la beauté de Makay. Les vidéos seront plus dynamiques. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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