Fety Berthela : Entreprendre avec le jujube
5 novembre 2021 // In & Out // 4030 vues // Nc : 142

En février 2020, Fety Berthela, originaire d’Antisiranana (Diego-Suarez), se donnait comme ambition de créer une des plus grandes entreprises créatrices d’emplois verts dans le pays. Elle décide donc de lancer Lamonty Malagasy ou Jujube malgache, spécialisée dans la valorisation du jujubier en produits agroalimentaires et cosmétiques. Le but est également d’impliquer les villageois dans la gestion durable de la forêt. « J’ai choisi le jujube, d’un côté pour son abondance sur le site protégé de la commune rurale d’Andranovondronina, district Diego II, et de l’autre côté pour son absence dans les rayons. On veut apporter un peu d’innovation sur le marché et tout le monde en sort gagnant. » Fety commence par la confiture en pots de 250 et 400 g commercialisée à grande échelle dans presque toute l’île : Diego, Nosy Be, Sambava, Tana, Mahajanga, Toamasina, Antsirabe et Fianarantsoa. Ensuite, à petite échelle avec le miel, les biscuits, et les pâtes de fruits vendus localement ou à la commande.

Elle souhaite aussi créer une association Tanora Mpandaharaha eto Antsiranana (TMA) où tous les entrepreneurs sont appelés à relancer l’économie régionale. « Nous savons que si on ne le fait pas pour nous, personne ne le fera. Nous allons lutter ensemble, parler avec la même voix et réussir ensemble pour un impact régional plus important. »


Page réalisée par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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