Tandroka : Et action !
20 septembre 2026 // Cinéma // 56 vues // Nc : 200

Le cinéma malgache évolue. Il ne se limite plus aux histoires à l'eau de rose ou à la comédie burlesque qui ont longtemps défini son paysage. Des genres qui exigent davantage de savoir-faire et des équipements plus pointus commencent à s'imposer — et Tandroka, film d'action tout juste sorti, en est la preuve.

Tandroka raconte l'histoire d'une unité spéciale confrontée à des réseaux mafieux et à des situations d'injustice. Un cadre commando assumé, pensé pour donner du rythme et une tension continue au récit. L'histoire contient une part de réalité malgache — les réseaux parallèles, l'impunité, les zones d'ombre — mais avec une grande touche de fiction et d'imagination. Les films hollywoodiens qu'on regarde font quand même leur effet, disons-le. « On voulait un cadre fort capable de porter des messages sans les diluer », explique Salohimamy Fabiano, de Voay Production. Ce qui frappe d'emblée, c'est le choix du terrain — Antsirabe et la région d'Amoron'i Mania, loin d'Antananarivo et de ses alentours qui monopolisent généralement la carte de la cinématographie malgache.

Cette ancrage à Antsirabe n'est pas qu'un décor. C'est une déclaration. Le casting est majoritairement constitué d'artistes de la ville — dont les chanteurs Mamy Bastah et Mafonja, figures connues dans leur registre mais qui font ici leurs preuves devant la caméra, ce qui n'est pas si évident. Des pratiquants de sports extrêmes complètent la distribution, à l'aise dans les scènes physiques que le film exige. Et le dialecte est authentiquement celui du Vakinankaratra — avec ses expressions typiques, ses tournures régionales, et même ces mots jugés crus mais jamais vulgaires que la population locale utilise naturellement, sans censure. Des détails qui, à l'écran, sonnent juste.

La postproduction a mobilisé effets spéciaux, travail numérique et intelligence artificielle — une ambition certaine pour un budget estimé à environ 40 millions d'ariary. Le tournage, conduit dans des forêts et des conditions parfois éprouvantes, a imposé un rythme intense à toute l'équipe. Des projections régionales ont déjà eu lieu à Antsirabe, où les émotions des spectateurs sont montées haut — et des larmes ont coulé — avant une éventuelle distribution plus large. Tandroka se présente ainsi comme un objet hybride, à la fois film d'action, vitrine de talents locaux et terrain d'expérimentation technique. Un signal clair que la prochaine séquence du cinéma malgache se tourne peut-être ailleurs que là où on l'attendait.

Lucas Rahajaniaina

Contact whatsapp : 038 89 637 44
Facebook : Tandroka
Photos fournies par l’equipe de Tandroka

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Lire

16 septembre 2026

Fondation VISEO et Isuzu : une rentrée bien équipée

Le 15 septembre 2026, 550 élèves de l'EPP Ankorondrano – Charlotte Ranohisoa ont reçu un kit scolaire complet grâce à Isuzu Motors, Continental Auto e...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir