Suicide : On voit la mort, mais pas la douleur derrière
23 août 2026 // Santé // 844 vues // Nc : 199

Le suicide s’installe bien souvent avant le passage à l’acte, dans une mécanique intérieure discrète où la souffrance finit par prendre toute la place.

Quand la douleur rétrécit le monde
Beaucoup de personnes suicidaires sont ambivalentes ; une part d’elles veut mourir, une autre veut surtout que la souffrance cesse. Mourir devient alors une solution qui semble logique dans un cerveau saturé. Les psychiatres parlent d’ailleurs d’ambivalence suicidaire. Sous l’effet d’une détresse intense, l’esprit se ferme petit à petit. Le champ des possibles se réduit. La personne ne voit plus qu’une seule issue pour que sa souffrance s’arrête. Cette détresse se nourrit souvent d’une accumulation de facteurs : troubles dépressifs, troubles anxieux, addictions, isolement, violences, deuil, harcèlement, sentiment d’échec, précarité, maladies chroniques, traumatismes anciens, conflits familiaux, etc. Selon de nombreuses études, un trouble psychique est présent dans 50 à 90 % des suicides. Mais attention, avoir une maladie mentale n’est ni une condamnation, ni une explication suffisante !

Les signes avant-coureurs
Il ne s’agit pas forcément d’un grand discours dramatique sous la pluie. Souvent, ce sont des phrases banales en apparence, du type : « Je suis fatigué de vivre. » « Vous serez mieux sans moi. » « Je n’en peux plus. » Il existe aussi des signes comportementaux tels qu’un isolement soudain, des dons d’objets importants, une mise en ordre inhabituelle, un excès de substances, une perte d’investissement dans le travail ou les études. Le piège possible, c’est une amélioration soudaine. Quelqu’un de profondément déprimé qui semble aller mieux d’un coup n’est pas forcément sauvé. Ce mieux-être peut correspondre au soulagement d’avoir pris une décision suicidaire. D’ailleurs, un autre mythe persistant mérite d’être enterré proprement. Si on demande à quelqu’un : « Est-ce que tu penses au suicide ? » ou « Est-ce que tu penses à te faire du mal ? », on risque de lui mettre l’idée dans la tête. C’est faux. Poser la question n’implante pas l’idée suicidaire ; au contraire, cela ouvre un espace pour en parler.

Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
D’abord, écouter. Vraiment écouter. La personne n’a pas besoin qu’on répare sa vie en cinq minutes. Elle a besoin que quelqu’un tienne avec elle dans la douleur. Ensuite, il faut rester présent, parler du suicide sans détour, prévenir un proche ou un professionnel, car une idée suicidaire laissée seule dans le silence peut vite devenir un plan. Si le danger est immédiat, ne jamais laisser la personne seule, éloigner tout objet avec lequel elle pourrait se faire du mal et contacter immédiatement les urgences ou un professionnel.

Docteur Fenohasina Razafimamonjy

Minute Santé de Zinga Pharma

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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