Sauver Agnalambahy un film plaidoyer
19 janvier 2020 // Cinéma // 7236 vues // Nc : 120

Après deux années de silence, Gilde Razafitsihadinoina signe son retour avec un film engagé, « Sauver Agnalambahy ».

On le connaît avec ses documentaires d’observation qui nous plongent dans les réalités de la vie de tous les jours de sa région natale, le Sud-Est. Lui, c’est Hérménégilde Razafitsihadinoina. Primé à plusieurs reprises aux Rencontres du Film Court (RFC), il revient cette année avec un nouveau film, «Sauver Agnalambahy ». Une prise de parole en faveur de la protection de la forêt d’Agnalambahy en proie à une dégradation inquiétante.

De « Du coq à l’âne dans la tabatière » (2013) au «Jeux d’enfant» (2017) en passant par « Coups de hache pour une pirogue (2014) ou encore « Le périple du café» (2015), les films Gilde révèlent en toile de fond la richesse de la nature à Madagascar. Car la nature est indissociable de la vie paysanne qui captive son attention depuis des années. « Cette prise de parole est une suite logique de mon intérêt particulier pour les hommes en général. J’essaie de voir plusieurs aspects de la vie paysanne dans le Sud-Est du pays » souligne le réalisateur.

Le film s’ouvre sur une vue aérienne pour situer la forêt sur la carte de Madagascar. Puis, petit à petit, la caméra s’introduit dans la profondeur de cette forêt dont une grande partie, visiblement clairsemée, s’est vidée de sa substance. Viennent ensuite les témoignages des uns et des autres, tantôt pour témoigner de ce que représente la forêt pour eux, tantôt pour dénoncer le pillage des ressources de la forêt.

« J’ai toujours été un amoureux de la nature. […] Ça m’a toujours attristé de constater les défrichements dans les forêts. Je me suis dit qu’un jour, je consacrerai une année pour faire un film. Et ça a pris du temps car il ne s’agissait pas seulement de faire des prises d’images et de retourner à la maison pour le montage. Il y avait surtout un engagement et une participation active pour faire comprendre à tout le monde que ces forêts sont vitales pour nous et pour les générations futures » témoigne Gilde.Le film vient d’être soumis à la 15e édition des RFC pour être en compétition dans la catégorie Documentaire.

Gilde Razafitsihadinoina vient de sortir son premier livre intitulé « Le plus long film du monde » aux éditions Tangerine nights.
C’est un livre autobiographique qui retrace la vie du réalisateur et révèle sa passion pour le septième art.

Domoina Ratsara
Association des Critiques Cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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