
Malgré les algorithmes et l'information en continu sur le web, il y a encore des fidèles du petit écran. Njaka en est. Rajaonarinjaka Heritoky Hubert — passionné de kabary, voix reconnaissable entre mille sur les réseaux sociaux — assume sans détour son attachement à la télévision à l'heure où le streaming dicte les habitudes. Ses rendez-vous sont bien définis — débats politiques, émissions culturelles sur les traditions malgaches, programmes matinaux, journaux télévisés. Et en particulier Real News sur Real TV, chaque soir à 20 heures, aussi régulier qu'un rituel. « J'aime beaucoup regarder la télévision. Il y a des programmes sur les chaînes malgaches que je suis régulièrement », confie-t-il avec le sourire tranquille de quelqu'un qui n'a aucune intention de changer.
Pour lui, la télévision n'est pas seulement un moyen de s'informer — c'est un moment de partage que le téléphone individuel, par définition, ne peut pas offrir. « Ce qui me plaît, c'est qu'elle rassemble la famille. Quand une émission passe, on peut la regarder ensemble et échanger nos points de vue. »
Une habitude simple, loin des écrans individuels où chacun consomme dans son coin. Il ne rejette pas internet — il en reconnaît les limites avec pragmatisme. « Le streaming demande des mégas, il faut parfois payer. Après une longue journée, on n'a pas toujours envie de rentrer et de se fatiguer encore devant un téléphone. » Derrière le téléspectateur fidèle se dessine une ambition plus large. « Mon projet est de diffuser la culture malgache et de montrer aux jeunes que notre langue a de la valeur. » La télécommande, pour Njaka, est aussi un outil de transmission.
Lucas Rahajaniaina
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Photos : Andry Randrianarisoa