Le Trek Makay Solidaire : Cinq jours en terre indomptée
14 mai 2026 // Escales // 1154 vues // Nc : 196

En mai prochain, une poignée d'aventuriers s'engagera dans l'un des massifs les plus sauvages et les moins fréquentés de Madagascar. Le Trek Makay Solidaire 2026 n'est pas une randonnée de plus au catalogue. C'est une expédition immersive, à double vocation — sportive et solidaire — portée par l'organisation MoveBeyond, en partenariat avec l'opérateur local Zanatany Experience. Entretien.

Le Trek Makay Solidaire, de quoi s'agit-il ?
C'est une expédition immersive au cœur du massif du Makay, un territoire encore largement inexploré, où la nature impose ses règles et où chaque journée devient une expérience hors du commun. Pendant plusieurs jours, les participants avancent au rythme du terrain, entre canyons, paysages bruts et environnement exigeant. Ce trek s'adresse à des personnes en bonne condition physique, mais au-delà de l'aspect sportif, c'est avant tout un état d'esprit qui est recherché : celui de l'aventure, du dépassement de soi et de la capacité à sortir de sa zone de confort. Ce qui le distingue d'une randonnée classique, c'est son approche : on ne vient pas simplement marcher, on vient vivre une véritable expédition, avec une immersion totale dans un territoire brut et préservé. Le mot « solidaire » n’est pas du marketing. C'est du concret. Le projet intègre le soutien de Biomas.re à l'association Les Enfants du Soleil Madagascar, ainsi que des initiatives de parrainage de jeunes étudiants. Chaque pas dans le Makay dépasse l'expérience individuelle et contribue à une dynamique plus large, mêlant exploration, engagement et impact positif sur le terrain. Ce n'est pas un supplément d'âme rajouté après coup — c'est constitutif du projet depuis le départ.

L'Isalo, l'Andringitra — ce sont des destinations autrement plus accessibles et connues. Pourquoi le Makay ?
Justement. Le Makay reste largement indompté. Ce territoire possède une richesse exceptionnelle, à la fois géologique, écologique et humaine. C'est un sanctuaire naturel, avec des écosystèmes uniques et des zones encore peu étudiées, ce qui renforce la responsabilité de l'aborder avec respect et engagement. L'Isalo et l'Andringitra sont magnifiques, mais ils sont balisés, connus, fléchés. Le Makay, c'est autre chose. C'est cette part d'incertitude maîtrisée qui fait toute la singularité du projet : dans le Makay, on accepte de ne pas tout contrôler. Et c'est ce qui rend l'expérience profondément authentique. Pour la préparation, on s'appuie sur des gens qui connaissent le terrain de l'intérieur. La préparation repose en grande partie sur l'expertise de notre partenaire, Zanatany Experience by Mon Road Trip, dirigé par la cheffe Farah Rabekijana.

Leur connaissance fine du massif, ainsi que les repérages effectués sur le terrain, permettent de construire des parcours adaptés, sécurisés et en phase avec les réalités du Makay. Ce n'est pas de l'improvisation — mais ce n'est pas non plus du clé-en-main. Il y a une part vivante dans chaque expédition.

Trek sportif, découverte touristique, solidarité — comment on tient tout ça ensemble sans que ça parte dans tous les sens ?
Parce que pour nous, les deux sont indissociables : l'effort donne accès à des lieux rares, et ces lieux donnent du sens à l'effort. Sur le terrain, cela se traduit par une expérience équilibrée entre progression en milieu exigeant et moments d'ouverture sur le territoire. Les échanges se font principalement avec nos accompagnateurs logistiques, tous issus de la région. À travers eux, les participants découvrent une connaissance intime du territoire, des usages, des réalités du quotidien. Le soir, autour du feu de camp, la cheffe Farah partage quelques recettes malagasy, des gestes, des saveurs — mais aussi des histoires. Ce sont des instants suspendus, loin de tout, où l'on ne fait pas que découvrir un territoire, mais aussi celles et ceux qui le vivent.

Quel est le profil des participants ? Il faut être un trekker chevronné pour s'inscrire ?
Pas nécessairement. Le Trek Makay Solidaire s'adresse avant tout à des personnes en quête d'aventure et de sens. Il n'est pas réservé à une élite sportive, mais il demande néanmoins une bonne condition physique et une réelle motivation. Le profil des participants est assez varié : des passionnés de trekking, bien sûr, mais aussi des voyageurs en quête d'expériences uniques, des entrepreneurs, des profils engagés — tous avec l'envie de vivre une aventure humaine autant que sportive. En amont, une préparation physique est recommandée : randonnée, renforcement musculaire, cardio. Les places sont limitées, et les candidatures sont ouvertes dès maintenant.

Vous avez annoncé vouloir diffuser l'aventure en temps réel depuis le terrain. Dans un massif aussi enclavé, c'est un vrai pari.
C'est un défi assumé, oui. Dans un territoire aussi isolé que le Makay, où la déconnexion est la norme, ouvrir une fenêtre sur l'extérieur permet de créer un lien unique entre l'expédition et le public. L'objectif est multiple : faire vivre l'aventure de l'intérieur, sans filtre, au plus proche de la réalité du terrain — montrer les efforts, les imprévus, les moments forts, mais aussi la beauté brute du Makay. C'est aussi une manière de sensibiliser à la richesse et à la fragilité de ce territoire. Ce dispositif repose sur l'expertise de notre partenaire technique, K'rambole Live Production, qui assure l'ensemble des captations photo et vidéo, ainsi que la retransmission en direct depuis chaque camp. L'idée n'est pas d'être connecté en permanence, mais de partager des moments choisis, authentiques, au fil de l'expédition.

Et après mai 2026 — quelle est la suite ?
Le Trek Makay Solidaire 2026 est pensé comme une première étape, un point de départ plutôt qu'une finalité. À terme, ce trek a vocation à devenir un rendez-vous récurrent, structuré, identifié comme une expérience à part dans le paysage des événements à Madagascar. Mais toujours avec une ligne claire : rester à taille humaine, préserver l'authenticité du Makay et éviter toute logique de massification. Le Makay peut devenir bien plus qu'une destination : un symbole. Celui d'un tourisme d'exploration responsable, capable de concilier aventure, impact et préservation. L'avenir du voyage ne sera pas seulement dans les destinations — mais dans la manière de les parcourir.

Propos recueillis par Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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