La Tiaré : Le goût du large
15 août 2026 // Escales // 1473 vues // Nc : 199

À l'Île aux Nattes, au sud de Sainte-Marie, certains endroits ne se visitent pas — ils se ressentent. Le Gîte La Tiaré est de ceux-là. Une maison de famille reconvertie en gîte, où le temps change de rythme et où l'océan s'invite dès le réveil.

La maison garde son architecture familiale inspirée du style polynésien, ouverte sur son environnement à 360 degrés. Pas besoin de chercher la mer — elle est là, dès que l'on ouvre les yeux. « On voit directement l'océan, le soleil entre naturellement, et le soir, les couchers de soleil sont magnifiques », confie Henintsoa De Stefano, qui a redonné vie à ce lieu. La capacité d'accueil est volontairement limitée — une dizaine de personnes au total, réparties entre la maison principale, un bungalow réaménagé et trois tentes confortables pour ceux qui préfèrent dormir au rythme de l'île.

« Nous ne cherchons pas à recevoir beaucoup de monde. Nous préférons accueillir une famille ou un groupe à la fois pour garder cette tranquillité », souligne Henintsoa. Côté services, l'équipe travaille avec des chauffeurs de tuk-tuk et des propriétaires de vedettes et de pirogues pour faciliter les arrivées.

Avant d'être un gîte, La Tiaré était d'abord une maison de vacances familiale. « C'était notre maison depuis notre enfance. Nous venions ici chaque année pendant les vacances », raconte Henintsoa. Puis est venue la crise sanitaire, la fermeture des frontières, et la maison est restée longtemps sans vie. « Comme personne ne s'occupait du lieu, la maison s'est beaucoup dégradée. » Au retour, il a fallu reconstruire — et c'est là que l'idée du gîte a germé, naturellement. « Nous sommes venus voir l'état de la maison, nous avons fait des travaux, et c'est là que l'idée de créer un gîte est née. » Ouverte entre 2022 et 2023, La Tiaré a gardé son âme d'origine. Une façon de maintenir la maison vivante tout en participant à l'économie locale.

Côté cuisine, le gîte joue la carte du local et du fait maison. Les visiteurs peuvent cuisiner eux-mêmes ou faire appel à une femme de ménage qui propose également ses services culinaires — les produits se trouvent facilement auprès des vendeurs présents sur l'île. Le Wi-Fi et l'électricité sont disponibles, mais ici, le meilleur programme reste souvent juste devant la porte — une plage, une mer calme, un ciel qui change de couleur. Les tarifs débutent à 80 000 ariary par personne. « Ici, on entend surtout les oiseaux et les vagues. C'est une sensation difficile à expliquer, mais totalement apaisante », glisse Henintsoa avec le sourire de quelqu'un qui a trouvé ce qu'elle cherchait. Sur l'Île aux Nattes, la véritable escapade commence au moment précis où l'on accepte enfin de ralentir.

Lucas Rahajaniaina

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Photos fournies par : Henitsoa De Stefano

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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