Hasina : Noctambule en service
11 août 2026 // By Night // 421 vues // Nc : 199

À Antananarivo, se déplacer la nuit sans véhicule personnel relève souvent du casse-tête. Les taxi-motos existent, mais la méfiance est là — l'identité du conducteur, on ne la connaît pas toujours. Hasina, lui, a choisi de travailler différemment. Et la nuit est devenue son terrain de jeu.

Hasimbola Randriamanalina — Hasina pour tout le monde — a la quarantaine bien ancrée, une famille, et une moto qu'il sort quand le soleil se couche. Il fait ce travail depuis un an maintenant, et il ne regrette rien. « J'aime bien travailler la nuit », dit-il simplement, avec ce calme de ceux qui ont trouvé leur rythme. Et pour cause — la nuit tananarivienne, c'est un autre monde. Zéro embouteillage, asphalte dégagé, moins de stress mécanique pour la moto, moins de bruit autour. Tout devient plus fluide, plus rapide. Ce que le jour rend compliqué, la nuit le simplifie.

Ce qui rassure ses clients, c'est que son identité ne fait aucun mystère. Sur la plateforme où il est inscrit, tout est visible en amont — numéro de moto, photo, pièce d'identité. Un écosystème de confiance qui change l'expérience pour ceux qui hésitaient à monter derrière un inconnu en pleine nuit. De son côté, Hasina exerce aussi sa propre vigilance. Certaines destinations, il les refuse — quand le quartier ou le trajet pour y arriver lui semble peu sûr, il décline poliment. Et avant chaque course, ses proches savent où il va. C'est une discipline discrète mais constante, celle de quelqu'un qui a décidé de prendre soin de lui autant que de ses clients.

Entre 18 heures et minuit, parfois jusqu'à 1 heure du matin, les courses s'enchaînent. La demande explose dès que la nuit tombe, surtout en centre-ville. « On a plus de commandes la nuit que le jour », confirme-t-il. Le tarif, lui, est doublé par rapport à la journée — entre 6 000 et 13 000 ariary selon la distance — ce qui lui permet d'enchaîner huit à dix courses en une seule nuit. Le conducteur peut arriver chez son client en moins de cinq minutes. Rapide, rentable, et suffisamment calme pour garder la tête froide. Sa signature à lui tient en trois mots qu'il répète sans se lasser — propreté, accueil, respect. Un casque propre, une conduite prudente, un mot aimable. Pendant que la fraîcheur de la nuit commence à se faire sentir sur ses épaules, une nouvelle notification sonne sur son écran. Un client en centre-ville. Hasina ajuste sa veste et repart.

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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