Arcana Vary amin'anana : Vary after vibe
13 juillet 2026 // By Night // 813 vues // Nc : 198

La nuit à Tanà ne s'arrête pas, elle mue. Il y a ceux qui rentrent sagement, et puis il y a les autres — ceux qui, entre deux rues et la fraîcheur des Hautes Terres, cherchent encore quelque chose. Un plat chaud. Un dernier souffle. Une bonne excuse pour ne pas rentrer tout de suite.

Parce que c'est une loi non écrite ici : après une nuit bien arrosée, une ambiance de fous et une piste de danse qui n'a pas fait de cadeau, on ne rentre pas ventre vide. Le vary amin'anana, c'est le dernier acte. La conclusion naturelle de toute bonne soirée malagasy — aussi immuable que le feu sous la marmite. Sauf qu'à 2h, 3h du matin, en trouver un qui soit encore ouvert relève parfois du parcours du combattant. C'est exactement le vide qu'Arcana a décidé de combler. Le projet naît d'un constat simple, presque évident une fois formulé. Fyi Ralaivoavonjy, collaboratrice du projet, le dit sans détour : « On a senti qu'il manquait un lien entre sortir et manger. » Avec Fée Fée, et en collaboration avec l'influenceuse Antso Bomaka, le trio fait évoluer ce qui était au départ un simple lounge bar vers quelque chose de plus ancré, de plus malgache. Un pivot en douceur, comme on glisse un peu plus de bouillon dans la casserole.

Ce que ça donne concrètement ? Un espace hybride, quelque part entre le bar de quartier et la gargote de fin de nuit. Bois brut, lumière tamisée, air ouvert sur Apandrana : l'endroit donne l'impression d'être en dehors du temps tout en restant au cœur de la ville. Une bulle, comme dit Fée Fée avec le sourire de quelqu'un qui sait exactement ce qu'il a construit. Côté assiette, le vary amin'anana est décliné simplement — bœuf, porc, boulettes, œuf sur plat — à partir de 7 000 ariary. Et le patsa est là, discret mais présent, pour les puristes. La cuisine, elle, tourne sans relâche, 24h/24, 7j/7. Le bar suit la vibe : cocktails, rhum arrangé maison, grillades dès 8 000 ariary. L'heure de fermeture ? « C'est plutôt la vibe qui décide », glisse l'équipe. Difficile de contredire ça.

Arcana vise plus large aussi : familles, afterworks, vernissages, soirées feu de camp le week-end. Jusqu'à une centaine de convives peuvent s'y croiser sans friction. Mais au fond, tout revient à la même promesse — prolonger la nuit sans la briser. Boire, manger, rester. Et rentrer quand on est vraiment prêt.

Lucas Rahajaniaina

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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