Game Bin 2025 - Si près, et pourquoi si loin
21 décembre 2025 // Media & Add-0n // 6057 vues // Nc : 191

Il y a les gagnants des Game Awards, et il y a les autres. Et surtout ceux qu’on n’aurait aimé ne jamais avoir eu entre les mains. Parce que jouer n’est pas toujours un plaisir, il existe bien un anti-top des jeux de l’année. Mais si vous voulez vous faire du mal, prenez plaisir à tester ces perles. Et si votre jeu préféré s’y trouve, ne le prenez pas mal. Après tout, tous les goûts sont dans la nature. Demandez-vous tout de même pourquoi ils existent.

MindsEye
Ambition XXL, réception XXL… mais dans le mauvais sens. Une direction artistique et un monde qui en imposent, mais des missions au design daté, qui donnent l’impression de cocher des cases plutôt que d’inventer des situations mémorables. Ajoutez des soucis techniques (IA basique, optimisation capricieuse) et vous obtenez un blockbuster qui s’empêtre dès les premières heures. La critique a épinglé un jeu “rigide et monotone”, et l’après-lancement a viré au feuilleton social, avec une lettre ouverte d’employés dénonçant la gestion du projet. Bref, énorme potentiel, exécution qui sonne faux.

La Quimera
Un FPS latino-dystopique qui avait tout pour intriguer : exosquelettes, ambiance marquée, arsenal qui claque. Mais la sauce prend mal. Durée courte, contenu maigre, feeling de tir inégal et rythme haché. On a parfois l’impression d’un jeu PS2 re-skinné sous Unreal Engine 5. Sa note Metacritic, plutôt basse, reflète bien ce “presque” permanent. A savoir des idées, un cadre, mais pas assez de finition pour convaincre sur la longueur.

Dollhouse: Behind the Broken Mirror
Le pitch “horror-puzzle cinématographique” fait envie avec les miroirs brisés, les souvenirs déformés et l’atmosphère travaillée. En manette, ça manque de nerf. Les énigmes sont basiques aussi possible, la progression trop linéaire, les combats lourds quand ils s’invitent, et le rythme ne décolle jamais. Résultat, une ambiance réussie, mais le gameplay ne suit pas, et la peur retombe faute de montée en tension. On admire les intentions, on regrette l’exécution.

Captain Blood
Curiosité archéologique devenue sortie “moderne”, ce beat’em up de pirates fait sourire, mais tout respire un autre âge. Comme capsule temporelle, c’est amusant. Comme jeu 2025 vendu plein pot, ça pique. Plusieurs tests soulignent un cœur de jeu répétitif et un vernis sonore et technique peu soigné. De la nostalgie, oui, mais trop d’angles vifs pour se hisser au-delà du statut de relique.

Star Wars Episode I: Jedi Power Battles (remaster)
Le retour d’un classique de 2000, lustré pour machines actuelles. Problème, la plateforme au millimètre d’alors pardonne moins aujourd’hui, et le lissage reste timide. Le remaster rappelle le fun coop d’époque… ainsi que ses imprécisions et ses pics de difficulté parfois injustes. Sorti fin janvier, il a réveillé la nostalgie sans vraiment moderniser la prise en main. Recommandable aux curieux, mais frustrant pour un public 2025 en quête de confort et de fluidité. C’est à se poser des questions sur les intentions du studio.

Eymeric Radilofe

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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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