Commandant Ndriana Andriamboavonjy : Le chevalier du ciel
3 juillet 2026 // Il était une fois // 1804 vues // Nc : 198

Il a été le tout premier pilote malgache à devenir commandant de bord d'Air Madagascar, recruté à peine deux ans après la naissance de la compagnie nationale. Récemment, l'État et la compagnie l'ont décoré pour ses trente années de service. À 80 ans passés, l'homme reste d'une simplicité désarmante — facile d'accès, intarissable quand on le laisse raconter.

Tout commence par une évidence presque naïve. « Après le bac, il fallait trouver des études à faire pour contribuer au développement du pays. L'aviation m'a tout de suite séduit. Mon père m'a vraiment encouragé à prendre cette voie », raconte-t-il. Mais devenir pilote exigeait une licence que Madagascar ne pouvait pas encore délivrer, et l'Armée française posait sa propre condition : la nationalité française, en plus d'un engagement de six ans minimum. Ndriana franchit le pas. Il devient le premier volontaire malgache admis au concours de l'École de pilotage de l'Armée de l'Air française — un exploit qui, à l'époque, électrise tout le monde autour de lui.

En 1960, l'indépendance retrouvée le place devant un choix cornélien : rester français pour conserver son escadrille, ou redevenir malgache et rejoindre l'armée nationale. « Je m'étais dit : combien de fois faudrait-il que je demande la nationalité française pour devenir un vrai Français ? », raconte-t-il.

Il choisit Madagascar, sans hésiter davantage. Il devient alors le premier officier du service général de l'escadrille malgache, pilote de Broussard, et figure presque mythique dans les aéroports régionaux. « À chaque escale, tout le personnel se ruait vers moi pour rencontrer ce petit Malgache qui pilote un avion », dit-il avec ce rire rocailleux. Le Général Gabriel Ramanantsoa tentera même de le retenir dans l'armée, en menaçant — mi-sérieusement — de lui « mettre des bâtons dans les roues » s'il partait. Le courant des choses en décidera autrement.

En 1964, Ndriana entre chez Air Madagascar, la compagnie nationale toute jeune encore. Trente ans de carrière s'enchaînent : Broussard, Dragon — transportant les grandes personnalités du pays —, puis DC3, DC4, HS, Twin, Boeing 737 et finalement le Boeing 747, le fleuron de l'aviation civile de l'époque. Un parcours que le ministre de la compagnie nationale a récemment salué lors d'une cérémonie d'hommage.

« Il fait partie des premiers pilotes malgaches et a consacré de longues années de sa vie à cette profession. À travers cette reconnaissance, c'est toute la nation malgache qui exprime sa gratitude », avaient lancé les autorités étatiques qui ont honoré de leur présence cette cérémonie. Le Ministère de la Communication et de la Culture l’a même à lui attribuer une distinction honorifique nationale — comme pour rappeler que certains pionniers méritent mieux qu'un simple certificat, fût-il encadré.

Solofo Ranaivo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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