Chris’Art : Le verre et l'âme
10 mars 2026 // Déco // 1611 vues // Nc : 194

À Antsirabe, l'atelier Chris'Art peint des scènes de vie malgache sur des objets du quotidien — verres, assiettes, bocaux — et les expédie jusqu'à Paris et aux Seychelles. Rencontre avec Oliva, fondatrice d'un art qui refuse de rester sur les murs.

Un verre à eau. En apparence, rien de moins romanesque. Et pourtant, posez sur votre table un verre peint à la main, où une scène rurale malgache se déploie entre vos doigts, et quelque chose bascule. « Quand on le pose sur une table, le premier regard dit tout », glisse Ravelomanantsoa Oliva, fondatrice de Chris'Art, installée au Cercle Mess Andranomadio d'Antsirabe depuis 2019. Le premier regard. Comme si l'objet vous attendait. C'est son mari, peintre de portraits et de paysages, qui a semé l'idée. Mais Oliva l'a fait germer autrement. « Pourquoi laisser ces images sur un tableau alors qu'elles peuvent vivre au quotidien et raconter une histoire ? » Les toiles, très peu pour elle — trop sages, trop statiques.

Elle préfère les assiettes, les tasses gasigasy, les bocaux, les cafetières : des surfaces qui circulent, qui passent de main en main, qui accompagnent le repas du matin et le thé du soir.

Chaque création est pensée dans sa globalité — ambiance, thème, cohérence narrative — avant même que le premier pinceau touche la surface. Couche après couche, peinture acrylique ou à l'huile, puis vernis protecteur : les pièces résistent au chaud, au froid, à l'usage quotidien. Certaines naissent en une journée. D'autres demandent plusieurs jours de minutie presque monacale. « Nos objets doivent être touchés, utilisés, intégrés dans la maison », insiste Oliva. L'art, chez elle, n'est pas fait pour être épargné. Chris'Art se distingue aussi par une personnalisation assumée : couleurs, motifs, thèmes, séries complètes sur commande. « On aime travailler main dans la main avec nos clients, pour que chaque pièce devienne unique. » Les tarifs s'échelonnent de 2 000 à 450 000 ariary selon la taille et la complexité — mais Oliva récuse le mot "prix". C'est, dit-elle, « un morceau de vie, un éclat de culture malgache à offrir ou s'offrir ».

L'univers Chris'Art a depuis débordé des ustensiles de cuisine : coussins, rideaux, fresques murales, tables basses vitrées, vases. Toute surface lisse devient support d'expression — une conviction qui tient presque du manifeste.Et l'horizon s'élargit encore. Un point de vente à Antananarivo, une capacité de production accrue, un réseau de revendeurs déjà actif à Paris, à l'île Maurice, aux Seychelles. Chaque objet exporté emporte avec lui un fragment de Madagascar — discret, chaleureux, vivant. Comme une fenêtre qu'on glisserait dans un colis.

Lucas Rahajaniaina

Contact téléphone & WhatsApp : 034 76 104 08
Facebook : Chris’Art

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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