Alahasatibe : La lune qui renouvelle
22 août 2026 // Soatoavina // 690 vues // Nc : 199

Dans le calendrier traditionnel malgache, la nouvelle lune qui coïncide avec le mois d'Alahasaty porte un nom particulier — Alahasatibe. Une période chargée de sens, où les rythmes célestes, les valeurs sociales et la spiritualité se rejoignent pour former l'un des repères les plus riches du patrimoine immatériel malgache.

L'Alahasatibe est d'abord perçue comme un temps de renouveau et de purification. Selon la croyance ancestrale, cette conjonction invite chacun à faire le bilan de son parcours, à se libérer des rancœurs, à pardonner et à avancer avec des intentions renouvelées. C'est aussi le moment privilégié pour initier de nouveaux projets et accueillir une énergie différente. Mais au-delà de la dimension individuelle, cette période rappelle l'importance du fihavanana — cette valeur fondamentale de la culture malgache qui place l'harmonie, la solidarité et la qualité des relations humaines au cœur de la vie collective. L'Alahasatibe est ainsi perçue comme une invitation à réconcilier les personnes, renforcer les liens et contribuer à une communauté plus équilibrée.

Dans les traditions populaires, Alahasaty est aussi connu comme le jour des ody — les talismans et protections rituelles. Diverses croyances lui sont associées, notamment l'idée que les personnes nées ce jour-là porteraient une destinée particulière. Si certains y ont vu un présage défavorable, la tradition orale propose une lecture bien différente. Ces individus seraient dotés d'une intuition profonde, d'une grande force intérieure et d'une sensibilité spirituelle qui leur permet de percevoir ce qui échappe au regard ordinaire. Cette singularité a parfois suscité des incompréhensions au sein des communautés, donnant naissance à des interprétations contradictoires.

Dans une perspective plus spirituelle, Alahasaty invite avant tout à développer le discernement — cette capacité à distinguer l'essentiel de l'accessoire, le vrai du faux, à l'image du proverbe qui évoque la faculté de séparer le bon grain de ce qui ne l'est pas. La véritable clairvoyance, dit la sagesse ancestrale, naît d'un esprit éclairé et d'une conscience éveillée. Aujourd'hui encore, l'Alahasatibe demeure un repère vivant dans la culture malgache — preuve que les rythmes de la lune continuent de parler à ceux qui savent encore les écouter.

Radamaranja

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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