35 ans et déjà ménopausée ! Quand les ovaires partent en retraite anticipée
28 mars 2026 // Santé // 1928 vues // Nc : 194

La ménopause précoce, aussi appelée insuffisance ovarienne précoce, correspond à l’arrêt du fonctionnement normal des ovaires avant 40 ans. Elle entraîne des règles très irrégulières, voire totalement absentes. En clair, les ovaires décident de lever le pied plus tôt que prévu ; ils libèrent moins d’ovules, parfois plus du tout, et produisent moins d’hormones féminines, notamment les œstrogènes. Cela ne veut pas dire que tout le corps a pris un coup de vieux du jour au lendemain. Le souci vient surtout des ovaires, qui ne font plus correctement leur travail. Cette maladie touche environ 3,7 % des femmes, avec une prévalence plus élevée dans les pays à revenu faible et intermédiaire

Pourquoi ?
Cet état peut être lié à des facteurs génétiques, à des antécédents familiaux ou à des anomalies des chromosomes sexuels. Parfois, le système immunitaire se trompe de cible et attaque les ovaires, comme cela arrive dans certaines maladies auto-immunes. Des traitements lourds, tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent aussi abîmer les follicules ovariens. Certaines chirurgies, notamment l’ablation des ovaires, provoquent une ménopause immédiate, sans période de transition. Le tabac n’aide pas non plus, car il accélère la perte des follicules. Et il arrive qu’aucune cause précise ne soit retrouvée, ce qui laisse un sentiment frustrant de « pourquoi moi ? » sans réponse claire.

Les manifestations ?
Chez certaines, les règles deviennent irrégulières puis disparaissent sans autre signe marquant. Chez d’autres, apparaissent des symptômes proches de ceux de la ménopause classique tels que des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, des nuits hachées, une humeur en montagnes russes, de l’irritabilité ou de l’anxiété sans raison évidente. Il peut aussi y avoir une sécheresse vaginale, une baisse du désir sexuel ou des difficultés à tomber enceinte. Dans certains cas, les symptômes viennent autant de la ménopause précoce que de la maladie qui l’a provoquée. Cette diversité explique pourquoi le diagnostic n’est pas toujours posé tout de suite, et pourquoi certaines femmes entendent d’abord que « c’est le stress » ou que « ça va passer ».

Le diagnostic ?
Le diagnostic repose principalement sur des prises de sang, répétées à plusieurs reprises, qui montrent un manque d’œstrogènes et une augmentation de certaines hormones produites par le cerveau. D’autres examens peuvent être proposés pour rechercher une cause, évaluer la réserve ovarienne ou vérifier la solidité des os. À long terme, l’absence d’œstrogènes augmente le risque de fragilité osseuse (fractures vertébrales, fractures du poignet, fractures de la hanche), de maladies cardiovasculaires, de troubles de l’humeur ou de certaines difficultés cognitives. C’est pour cela qu’un traitement hormonal est souvent proposé jusqu’à l’âge habituel de la ménopause, autour de 50 ans. L’idée n’est pas de rajouter des hormones pour le plaisir, mais de remplacer celles que le corps aurait dû produire naturellement. Ce traitement permet de réduire les symptômes, de protéger les os, le cœur et le cerveau, et de préserver une qualité de vie correcte.

Docteur Fenohasina Razafimamonjy

Minute Santé de Zinga Pharma

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