Narendra Mathieu : Alternatives pour les jeunes
6 février 2022 // In & Out // 4021 vues // Nc : 145

Les jeunes sont l’espoir de demain. Créée en 2020, en pleine pandémie, par des jeunes engagés, l’association Alternatives a pour objectif d’aider et d’autonomiser les jeunes, les femmes mais également les populations marginalisées sur les plans social et économique. « Nous utilisons l’approche Huma Centere Design ou conception centrée sur l’utilisateur. Nous créons un cadre qui intègre un ensemble de pratique pour comprendre les utilisateurs, leurs besoins, leurs contraintes et leurs comportements afin de générer des idées pour résoudre les problèmes d’une communauté », explique Mialy Randrianirina, responsable communication au sein de l’association. « Nos interventions reposent sur des techniques basées sur le changement de paradigmes, par exemple sur la promotion de la participation équitable des jeunes. Ils doivent eux-mêmes façonner les changements qu’ils souhaitent, favoriser la résilience des communautés, proposer des solutions innovantes… »

L’association propose différents programmes comme la création d’emplois décents et la mise en place d’un système de crédit à base communautaire pour les travailleuses du sexe dans les différentes régions de Madagascar. Également un programme sur le « leadership transformationnel » pour les jeunes de 16 à 24 ans issus des milieux défavorisés. « Nous les initions à des techniques de développement personnel pour les pousser à créer des micro-projets. Nous avons également un programme d’appuis aux jeunes entrepreneurs et coopératives rurales sur les techniques d’amélioration et de pérennisation d’activités professionnelles. Notre but est de contribuer à un développement économique, social et inclusif. »


Page réalisée par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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