Ambinintsoa Volatiana Ramanamahefa : Au service de la météorologie
5 janvier 2025 // In & Out // 4489 vues // Nc : 180

Récompensée par le Prix Jeunes Talents L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science 2024, la jeune chercheuse Ambinintsoa Volatiana Ramanamahefa incarne la réussite et l'engagement au service de la météorologie dans une région particulièrement exposée aux aléas climatiques. Ce prix, décerné le 9 octobre 2024 par l’Académie des Sciences de France, honore l'excellence de son parcours scientifique, mais aussi sa volonté de promouvoir la place des femmes dans un domaine où elles restent sous-représentées. En intégrant cette prestigieuse communauté de chercheuses, elle devient un modèle pour les jeunes générations, leur montrant qu’il est possible de percer dans les sciences malgré les obstacles. Sa passion pour la météorologie est née dans son pays natal, Madagascar, où elle a obtenu un diplôme d’ingénieur à l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo avant de se spécialiser en Ressources et Risques Naturels des Environnements Tropicaux grâce à une bourse d’excellence HORIZON 2020.

Aujourd’hui doctorante à l’Université de La Réunion, elle se concentre sur les précipitations intenses dans l’océan Indien et la manière dont la topographie locale influe sur leur intensification, notamment dans les îles de La Réunion, des Seychelles et de Madagascar. « Les précipitations intenses représentent une source majeure de dégâts dans la région du Sud-Ouest de l’océan Indien. De plus, la topographie très marquée de ces îles constitue un problématique important pour l’intensification des pluies. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles La Réunion détient des records mondiaux de précipitations, notamment lors des cyclones. » Grâce à cette expertise et à l'utilisation de radars météorologiques, ses travaux visent à mieux identifier les zones les plus exposées aux risques, un enjeu vital pour les communautés locales. Elle aspire désormais à poursuivre sa carrière dans des laboratoires de recherche internationaux et, à long terme, à rejoindre un organisme global pour contribuer à la réduction des risques météorologiques à l’échelle mondiale.

Mpihary Razafindrabezandrina
© Photo : Ambinintsoa Ramanamahefa

LinkedIn : Ambinintsoa RAMANAMAHEFA

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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