Ms. V « Dieu est une femme »
3 janvier 2022 // Arts Plastiques // 6217 vues // Nc : 144

Vice-lauréate du prix d’art contemporain Paritana en juin 2020, l’artiste visuelle Ms. V, de son vrai nom Volana Raveloson, a toujours baigné dans l’art : la danse, le théâtre, la peinture et les collages. Durant le confinement, elle renoue avec sa passion et se tourne vers l’art digital. « Je cherchais une activité pour m’occuper et je suis tombée sur les œuvres d’un artiste local qui faisait des collages. J’étais captivée par son travail numérique et je me suis rappelée que moi aussi, j’en faisais avant car petite, je découpais les magazines de mon père pour faire des collages que je mélangeais avec des timbres piqués dans son bureau. Cet artiste m’a encouragé à reprendre l’art et à en faire une sorte de thérapie. »

Avec des bases en Illustrator et Photoshop, Ms. V utilise sa tablette pour réaliser des œuvres à partir de vieilles photographies dont la plupart représentent des portraits de femmes malgaches de différentes ethnies.

« Mon père avec toute une collection de photos anciennes de l’époque coloniale. Je trouvais ces femmes tellement belles et tristes à la fois. J’avais l’impression qu’elles étaient forcées à poser pour le photographe. À cette époque, les photos étaient mal vues car on disait que le photographe volait l’âme de la personne. J’ai donc décidé de reprendre ces photos en utilisant les techniques numériques et créer des collages abstraits en introduisant des couleurs très vives pour redonner vie et honneur à ces femmes. »

C’est à travers une première exposition intitulée « CMYK » à la Fondation H à Andraharo que la jeune artiste commence à se faire connaître, avec neuf œuvres en grands formats marquant des « moments forts » de sa vie. « CMYK fait référence à une palette de couleurs utilisée dans le graphisme, Cyan, Magenta, Yellow, K-Black mais je l’ai déclinée autrement : Choices – Motherhood – Youth – Knowledge. » Ms. V a choisi d’axer son travail sur la femme malgache en mettant en avant des portraits de femmes fortes, ambitieuses, rebelles, engagées, belles, royales, bienveillantes et créatives dans un style contemporain et moderne. « L’art est une merveilleuse façon d’exprimer mon engagement pour lutter contre les inégalités que subissent les femmes à Madagascar. Je pense que mon tableau, Zanahary is a Woman (Dieu est une femme) résume bien cela ». Trois femmes avec le même visage sont assises côte à côte représentant une mère, une fille et une sœur, celle du milieu tenant précieusement Madagascar. « Cette œuvre c’est l’unité, la force, la loyauté des femmes qui sont les piliers de notre pays. »


Aina Zo Raberanto

Enthusiastic Rebel
Golden Genuine Girls
Upside down
Zanahary is a Woman
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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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