M.B.L. : Pas là pour plaire
11 février 2026 // Musique // 3708 vues // Nc : 193

À Madagascar, le rap n’a jamais été qu’une affaire de rimes bien posées ou de beats qui cognent. Depuis les années 1990, il est un cri, un témoin, parfois une arme sociale. M.B.L., Misa Randrianasolo à l’état civil, en est l’un des artisans les plus constants. Un de ceux qui n’ont jamais quitté la ligne, même quand elle brûle.

Ancien membre du groupe Karnaz, aujourd’hui figure de Kary aux côtés du rappeur Tovolah, producteur exécutif chez Zaza Rap Taiza, rattaché au collectif Kolontsaina Mainty, M.B.L. fait partie de ces rappeurs qui ont vu le rap gasy grandir, trébucher, se relever. Et surtout, se politiser sans jamais perdre son ancrage populaire. C’est dans cette logique qu’il participe, en 2019, à la création des Cyphers. « Pas de simples enregistrements, encore moins des opérations marketing », précise-t-il. Les Cyphers sont pensés comme des espaces de rencontre entre générations, territoires et expériences. Depuis, le freestyle y devient un langage commun pour dénoncer, questionner et réveiller.

Sept singles sont sortis depuis. Le dernier en date, Mitohy ny tolona (La lutte continue), sorti en décembre 2025, s’inscrit dans une suite logique amorcée avec Maizina (2019), suivie de Teboka iombonana (2020), Sekoly ny fiainana (2021), Sekoly taloha (2022), RPBLK (2023) et Tsy ho Bado (2024). Chaque édition capte les tensions, les colères et les espoirs d’un pays sous pression.

« Nous racontons ce que vit le peuple malgache et lui donnons une voix. D’où la présence d’anciens et de jeunes, d’artistes confirmés et de talents régionaux dans Cyphers », expose M.B.L., soulignant que le rap engagé ne prétend pas changer le monde à lui seul. « Il ne change pas directement les mentalités, mais il peut faire vaciller les perceptions », déclare le gaillard, sans détour.

L’art, selon M.B.L., repose sur un équilibre fragile entre technique, message et réalité sociale. Le flow, les mots, la justesse du propos. Et au-delà du studio, la solidarité. Une union qui, parfois, déborde de la musique pour investir la rue, lorsque des jeunes rappeurs issus de Kolontsaina Mainty rejoignent la jeunesse pour agir concrètement. Le rap malgache n’a jamais été un simple divertissement. Entre prudence et engagement, M.B.L. a connu la peur des représailles, l’inquiétude des proches, le spectre de l’emprisonnement. Mais le rappeur-né a cette conviction que le silence n’a jamais fait avancer personne.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Kolontsaina Mainty / Zaza Rap Taiza

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Michael : L’avant-première validée

Lire

25 avril 2026

Michael : L’avant-première validée

La salle du Cinépax à Ambodivona affichait complet, vendredi soir, pour l’avant-première du film Michael. Avant même que les lumières ne s'éteignent,...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir